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lundi 24 février 2014

La question du lundi






Est-ce qu’il vous arrive de trop manger ? C’est la question que je vous pose après les probables excès de fin de semaine.

Manger et savoir s’arrêter
Article d’Anne-Laure Vaineau publié dans Psychologie. com

Manger à sa faim, mais pas plus. Cela coule de source. Pourtant, nous sommes nombreux à ne pas savoir quand nous arrêter, à « avoir les yeux plus gros que le ventre ». Résultat : nous mangeons trop. Comment nous reconnecter à nos sensations alimentaires ? Le point avec le psychiatre et psychothérapeute Gérard Apfeldorfer, spécialiste du comportement alimentaire et co-fondateur du programme Linecoaching

Il y a ceux qui finissent systématiquement leur assiette, ceux qui ne peuvent pas s’empêcher de se resservir, ou encore ceux qui comptent les calories, au point d’en oublier ce qu’ils aiment vraiment manger ou non. Les premiers sont formatés par de mauvaises habitudes éducatives, les autres cherchent à “se remplir” par la nourriture, les derniers sont dans l’hyper-contrôle. Mais tous partagent un point commun : ils ne sont ni à l’écoute de leur corps, ni de ses besoins. Résultat ? Ils perdent contact avec leurs sensations alimentaires.

« Il y a réellement deux obstacles qui peuvent nous couper de nos repères, explique Gérard Apfeldorfer. Les régimes d’abord. Dès lors que nous cherchons à contrôler la qualité et la quantité de ce que nous mangeons, en faisant passer les critères diététiques et restrictifs avant notre plaisir, nous négligeons nos sensations alimentaires. » Le risque, à force de privation : craquer sur une tablette de chocolat, compenser la frustration par du grignotage compulsif.

« D’autre part, ajoute le psychiatre, se trouve notre difficulté à gérer nos émotions, que la nourriture a la capacité de calmer. L’ennui, la colère, la tristesse… Quand celles-ci sont fortes, nous réagissons dans l’urgence : nous voulons manger vite, beaucoup, et de préférence, des aliments riches, qui sont ceux qui nous apaisent le plus. » Et pourtant, il est possible de trouver du réconfort en mangeant, mais de façon plus mesurée.

La faim du ventre
Fin du repas. Repus, nous nous touchons le ventre, et d’un air satisfait, nous pensons « j’ai bien mangé, je n’ai plus faim. » Question d’habitude, d’éducation, de croyance, nous sommes nombreux à penser que notre ventre est notre meilleur allié. Il gargouille lorsque nous avons faim, se remplit et s’apaise lorsque nous avons mangé. « Et d’une certaine manière c’est vrai, admet Gérard Apfeldorfer, c’est notre ventre qui nous indique la fin de la faim : la satiété. Le signal arrive directement du tube digestif. Le souci, c’est qu’il faut attendre que la nourriture soit arrivée au niveau du duodénum (la partie la plus haute de l’intestin) pour que le message soit ensuite transmis au cerveau. C’est un processus qui prend environ quinze minutes. » Quinze minutes pendant lesquelles, bien souvent, nous avons continué de manger, croyant que nous avions encore faim. Et c’est pourquoi le « je n’ai plus faim » devient bien trop souvent le
fameux « j’ai trop mangé »…

La faim en bouche
« Le deuxième siège de nos sensations alimentaires, explique le psychiatre, c’est notre bouche. C’est d’elle que partent les signaux de plaisir, la satisfaction, mais aussi le rassasiement gustatif : la fin du plaisir à manger un aliment. En pratique, voilà comment cela se passe : je mange un steak-frites. Après plusieurs bouchées, j’ai le sentiment, en bouche, que le goût du steak-frites ne me séduit plus. Je n’ai plus d’appétit pour ce steak-frites. Ce qui ne veut pas dire que je n’ai plus faim du tout. Je vais donc me tourner vers un autre aliment. Mon dessert par exemple. » C’est donc grâce au rassasiement gustatif que nous avons la capacité de passer d’aliments en aliments, de manger varié, et équilibré, mais surtout de savoir quand nous avons mangé assez, en quantité, d’un aliment donné.

La bouche, notre meilleur allié
« Tout l’enjeu est de maîtriser ce rassasiement gustatif : manger pour le plaisir et savoir s’arrêter quand celui-ci est atteint, assure Gérard Apfeldorfer. Parce que dans le cadre d’une alimentation variée, composée d’aliments qui n’ont pas tous la même densité calorique et énergétique, le remplissage du ventre n’est pas un critère pour savoir si nous avons mangé assez. La quantité de nourriture que nous sommes capables d’avaler ne nous dit pas si notre repas nous a apporté suffisamment de calories ou non. »

Prenons l’exemple d’une personne au régime, qui ne composerait son déjeuner que d’haricots verts. Elle peut en manger suffisamment pour ressentir la plénitude du ventre et s’arrêter d’elle-même. Mais du point de vue gustatif, elle ne ressent aucune satisfaction. « Et ce, ajoute le spécialiste, d’autant plus que les aliments de faible intensité calorique, tels que les légumes, n’apportent aucune lassitude gustative. En bouche, ils ont toujours le même goût. »À peine quelques heures plus tard, elle aura donc de nouveau faim, parce que son repas ne l’aura pas rassasiée.
À l’inverse, si nous ne mangeons que du foie gras ou du chocolat, c’est la sensation en bouche qui va nous arrêter. Lorsque nous sentirons que continuer risque de nous écœurer, et que le plaisir n’est plus là. Et ce, même si le ventre, de son côté, n’est pas plein.

Manger en pleine conscience
Bien repérer le rassasiement gustatif nécessite donc d’être à l’écoute de notre corps lorsque nous mangeons, ce qui demande d’être pleinement à ce que nous faisons (être assis, sans regarder la télévision ni lire en même temps, prendre le temps de bien mâcher, de respirer profondément entre chaque bouchée…) et de nous interroger. “Qu’est-ce que je ressens dans ma bouche ? Est-ce que c’est encore plaisant ou est-ce que si je continue, je vais arriver au dégoût ?” Cela nécessite d’être attentif à nos sensations, mais surtout d’éprouver du plaisir dès le début du repas, sans quoi, la fin de ce plaisir ne pourra jamais arriver.

Et si nous mangeons ainsi, en pleine conscience, nous mangeons forcément plus lentement. Nous avons donc plus de chance de ressentir la plénitude du ventre avant de l’avoir dépassée. Un cercle vertueux sur lequel repose les clés d’une alimentation auto-calibrée sur nos besoins, et sur rien d’autre.
« C’est le même principe pour nos émotions, conclut Gérard Apfeldorfer. Lorsque nous nous sentons submergé, il suffit de choisir un aliment qui nous fait réellement envie et de le déguster en pleine conscience. » En étant entièrement concentré sur nos sensations en bouche. En le mâchant lentement, et en le sentant glisser dans notre gorge. Alors, la tablette de chocolat peut sans difficulté se réduire à un simple carré, en cas de coup de blues. Un carré pleinement dégusté, savouré, et apprécié. Un carré qui se suffit alors à lui seul.« Tout l’enjeu est de maîtriser ce rassasiement gustatif : manger pour le plaisir et savoir s’arrêter quand celui-ci est atteint, assure Gérard Apfeldorfer. Parce que dans le cadre d’une alimentation variée, composée d’aliments qui n’ont pas tous la même densité calorique et énergétique, le remplissage du ventre n’est pas un critère pour savoir si nous avons mangé assez. La quantité de nourriture que nous sommes capables d’avaler ne nous dit pas si notre repas nous a apporté suffisamment de calories ou non. »


mardi 19 novembre 2013

Soigner nos articulations



Novembre est un mois particulièrement difficile à traverser pour les personnes souffrant d'arthrose. Voici quelques conseils pour alléger les problèmes articulaires, publiés dans le site Psychologies.com. Et une petite recette de mon cru pour profiter des vertus curatives du curcuma, un aliment ayant fait ses preuves pour traiter ces problèmes douloureux. 



Novembre : un mois pour soulager ses articulations

Le froid, l’humidité… Nous nous levons le matin avec quelques raideurs. Nos articulations craquent, coincent et parfois nous font mal. Un problème d’usure naturelle, mais pas seulement. Explications et conseils pour y remédier.

Les changements de saison, les efforts physiques inadaptés, les gestes répétitifs et le surpoids sont aussi à l’origine de douleurs articulaires parfois invalidantes, et ce dès 35 ans. Pour les soulager, rien de tel que de modifier certaines habitudes de vie et d’utiliser les médecines douces, plus efficaces que les antalgiques et les anti-inflammatoires, qui atténuent la douleur mais masquent les vraies causes. Voici trois pistes à suivre.
Alléger son assiette : nos douleurs articulaires peuvent provenir de l’accumulation de toxines dues à l’excès d’excitants (café, thé, alcool…), de céréales raffinées, de sel, de produits animaux (produits laitiers, viandes, abats, charcuterie…) et de plats trop pimentés. Le mieux est d’alléger son assiette d’une manière générale et de remplacer les céréales par des produits semi-complets, voire sans gluten, le sucre blanc par du miel ou des sucres complets, et de diminuer globalement les produits animaux, qui produisent beaucoup de toxines.

Bouger en douceur : en cas de douleurs, certains sports sont contre-indiqués, comme le jogging ou le tennis, qui peuvent provoquer des tendinites. Cependant, il est essentiel d’oxygéner l’organisme. Ainsi, les cellules fonctionnent mieux, et leur capacité à éliminer les toxines augmente. Tous les sports portés et les gymnastiques d’étirements ne posent aucun problème et améliorent le plus souvent notre souplesse et donc notre mobilité : natation, marche à pied, vélo, mais aussi yoga, qi gong, barre au sol, Pilates…

Évacuer les tensions : apprendre à se relaxer et à diminuer le stress libère beaucoup d’énergie, que l’organisme peut alors utiliser pour d’autres fonctions importantes, notamment celle d’élimination.

Penser au curcuma… Cette épice « chaude », considérée comme un excellent stimulant du foie, est aussi un puissant anti-inflammatoire naturel qui s’utilise en cas de rhumatismes et de douleurs musculaires. Une prise améliorerait les raideurs. Le curcuma agirait de façon bénéfique sur la déminéralisation osseuse. 
Existe en gélules, ou en racine, en magasins de diététique.

… et aux compléments alimentaires : Des scientifiques ont voulu tester l’efficacité d’un complément alimentaire sur nos articulations par rapport aux traitements habituels, sur deux groupes de sujets. Résultats ? Au bout de deux mois, 90 % des médecins et 90 % des patients du groupe ayant pris le complément ont constaté une diminution des douleurs et une amélioration de la mobilité, sans pour autant subir d’effets secondaires. (in « Intérêt de A40 Articulation dans le traitement de la pathologie articulaire », C. Philip et al., in La Phytothérapie européenne, mars-avril 2008).
Phytalgic Capital Articulations, Phytea, 45 capsules, 15 €. Gluco Chondro, Fleurance Nature, 60 gélules, 18,50 €. En pharmacies et parapharmacies.

Assouplir ses genoux : Debout, les pieds légèrement écartés, penchez-vous en avant et placez vos mains à plat en les croisant sur vos genoux, main droite sur le gauche et main gauche sur le droit. Tout en pliant un peu vos jambes, vos mains demeurant posées dessus, formez une vingtaine de cercles dans un sens puis une vingtaine dans l’autre. À la fin de l’exercice, frottez l’arrière de vos genoux avec le plat des mains. À éviter en cas de problèmes aux genoux. 




Potage express au panais

Comme nous mangeons des soupes tous les midis, j’aime bien varier leur composition. Le goût du panais domine dans celle-ci, agrémenté par les saveurs du curcuma et celles plus poivrées du gingembre et du poivre.

Ingrédients pour deux
1 petit panais, en dés
1 carotte moyenne, en dés
1 courgette jaune (non pelée), en tronçons
1 c. à soupe de margarine non hydrogénée (ou de beurre ou d’huile)
1 tasse de bouillon de poulet et ½ tasse supplémentaire au besoin
1 c. à thé de gingembre fraîchement râpé
½ c. à thé de curcuma
Plusieurs tours de moulin à poivre

1. Chauffer une casserole, y faire fondre la matière grasse et y faire revenir
les légumes sur feu doux. Mouiller avec une tasse de bouillon, ajouter le curcuma, le gingembre et le poivre.

2. Couvrir, porter à ébullition, réduire le feu et laisser mijoter 15 min ou jusqu’à ce que les légumes soient tendres.

3. Mixer au mélangeur à main, vérifier la consistance et ajouter du bouillon (ou du lait) au besoin.


jeudi 14 novembre 2013

Manger avec ses sens




Manger en pleine conscience

Article signé Marie-Laurence Grézaud publié dans Psychologies. com

Le plaisir de se mettre à table est trop souvent gâché par la peur de la malbouffe. Comment se réconcilier avec notre assiette ? En écoutant notre faim, notre instinct et nos sens… Tout simplement.

Sentir l’eau monter à la bouche et les papilles frémir ; entendre sa faim avant de s’installer à table ; détecter les différents goûts et s’en délecter ; jouir d’être rassasié après quelques bouchées… Manger en pleine conscience, c’est ça. C’est écouter ses sensations, faire confiance à son corps, laisser parler son instinct et, de l’entrée au dessert, chasser les pensées parasites… Une recette simple comme un plat du jour, que le bon sens devrait tous nous inciter à suivre.

Et pourtant ! Manger est devenu aujourd’hui pour beaucoup une véritable épreuve. Dès l’entrée de sa cuisine, on s’interroge : manger quoi ? Comment ? À quelle sauce ? Face aux fourneaux, les injonctions contradictoires se télescopent dans un bruit de casseroles. Une « cacophonie diététique » résume l’inventeur de l’expression, le sociologue Claude Fischler (auteur de L’Homnivore : le goût, la cuisine et le corps, Odile Jacob, “Poches”, 2010). Noyés sous les alertes alimentaires qui nous rendent méfiants, assommés par les diktats de la minceur et menacés par les lois du perfectionnisme diététique, nous ne savons plus à quel « sain » nous vouer. De guerre lasse, nous hésitons alors à nous vautrer dans l’anarchie alimentaire ou, au contraire, à nous laisser enfermer dans la prison de l’orthorexie.

Pour en savoir davantage et lire l’article en entier :

mardi 16 juillet 2013

Manger pour mieux se souvenir


 Escabèche de saumon de Marie-Fleur Saint-Pierre

Afin de mieux connaître les aliments qui peuvent nous aider à garder notre cerveau en santé, voici la suite de l'article publié il y a deux jours dans ce blogue.

Les aliments qui stimulent la mémoire
Suite de l’article publié sous le titre Les aliments qui boostent le cerveau, 
dossier de Psychologies.com

Les fruits secs et oléagineux

Véritables concentrés d'énergie, ils sont riches en minéraux et en oligoéléments, tels que le zinc. Or, une carence en zinc peut être à l'origine de troubles de l'apprentissage, de la pensée, de la mémoire et de l'attention. Au petit déjeuner ou en guise d’en cas dans la journée (ils ne font pas grossir), croquons quelques fruits secs. Ils nous aideront à maintenir nos neurones au top de leurs capacités.
Au menu : raisin sec, abricots secs, amandes, noisettes, noix...

Les poissons gras

Ce sont nos principaux fournisseurs en Oméga-3 (DHA et EPA), lesquels sont essentiels au fonctionnement de nos neurones et jouent un rôle important sur la mémoire. Pour un cerveau en pleine forme, il faut les mettre au menu 2 à 3 fois par semaine.
 Au menu : sardine, maquereau, hareng, saumon...

Les abats 

Les abats sont plus riches encore en fer que les épinards. Le fer permet le transport de l'oxygène jusqu'au cerveau, il favorise une bonne mémorisation et une bonne concentration. Dommage que les enfants n’en raffolent généralement pas, car les abats pourraient bien les aider à mémoriser leurs leçons et leurs poésies.
Au menu : foie, coeur, rognons, ris de veau... Et surtout : boudin noir !

Les aliments qui améliorent la concentration
Le chocolat

Le cerveau aime le sucre, le glucose. Il ne faut donc pas l’en priver (avis à ceux et celles qui suivent un régime). Pour autant il faut apprendre à le consommer avec modération et bon sens. Envie de sucré ? Craquez pour le chocolat. Riche en théobromine et en théophylline, deux substances qui font du chocolat un stimulant du cerveau par excellence, c’est aussi un très bon antistress. Plus le chocolat est riche en cacao, meilleure sera la concentration.
Au menu : du chocolat noir à partir de 70 % de cacao

Le thé vert et le guarana

Le thé vert regorge de catéchines, un puissant antioxydant. Consommé avec modération, il a des effets bénéfiques sur la vigilance, la concentration et la mémoire. Le guarana a la réputation de favoriser la vivacité d’esprit. Les Indiens d’Amazonie l’utilisent d’ailleurs pour ses vertus antistress, antifatigue et son pouvoir stimulant sur le système nerveux. Mais il ne faut pas en abuser, car elle est aussi riche en caféine !

Le miel

Pour combattre la fatigue et le stress, le miel, tout comme les autres produits de la ruche (propolis, gelée royale…) est un bon allié. Il est source de minéraux, d’oligoéléments (magnésium, potassium, cuivre…), de vitamines (B et C), et donc, plein d’antioxydants. Il procure une sensation de bien-être propice à une bonne concentration.

Le romarin 

Et pour finir, saupoudrez vos plats d’un peu de romarin. Les flavonoïdes qui le composent favorisent la circulation sanguine du cerveau et ont des propriétés stimulantes pour l’attention mais aussi la mémoire.

Les aliments ennemis du cerveau
Une alimentation destinée à booster le cerveau n'a de sens que si elle est couplée à une activité cérébrale quotidienne (entraînement type sudoku, mots fléchés...), à une activité physique régulière et à un bon sommeil.
Au sein de notre alimentation, ce sont les graisses saturées qui occupent la première place sur la liste des ennemis du cerveau. On les trouve surtout dans le beurre, la crème, la charcuterie : c’est à dire les graisses d’origine animale. Mais c’est moins dans notre alimentation que dans notre hygiène de vie et notre environnement que se trouvent le plus grand nombre des ennemis de notre cerveau. Il s’agit notamment de l’alcool, du tabac, des drogues et de la pollution (notamment celle liée aux métaux lourds, comme le mercure ou l’aluminium, mais aussi celle causée par les pesticides et les additifs). Enfin, gare aux carences, qui témoignent d’une insuffisance dans notre alimentation et nuisent au bon fonctionnement de notre cerveau.


dimanche 14 juillet 2013

Manger avec sa tête



Ces aliments qui boostent le cerveau
Article d’Anne-Laure Vaineau publié dans Psychologies.com

« L'intelligence et la mémoire ne se nourrissent pas que d'enseignement ou d'entraînement, c'est aussi dans l'assiette que se joue la santé du cerveau. Si une alimentation équilibrée en est la clé de voûte, optimiser certains de nos apports permet d'agir sur nos fonctions intellectuelles et nos facultés d'apprentissage. Catherine Chegrani-Conan, diététicienne, dresse le panorama des aliments à favoriser pour booster notre cerveau.


Les aliments qui optimisent l’intelligence

Les fruits et légumes frais colorés

Potirons, tomates, oranges, pomelos… les fruits et légumes orangés et rouges regorgent de bêtacarotène, un pigment qui se transforme en vitamine A une fois absorbé par l'estomac. Or, la vitamine A sert à faire le ménage dans notre organisme, et de surcroît, dans notre tête. En effet, c’est une vitamine antioxydante, ce qui signifie qu’elle s’attaque aux radicaux libres, ces substances toxiques qui endommagent nos cellules. Par ailleurs, qu’ils soient ou non colorés, les fruits et légumes sont riches en vitamines et minéraux, lesquels aident à combattre la fatigue et le stress. Mais attention à ne pas les faire bouillir, ils risquent d’y perdre leurs vertus (à moins de prévoir de consommer l’eau de cuisson ensuite). Mieux vaut donc les faire cuire à la vapeur ou en papillote.
Au menu : tomates, poivrons, carottes, abricots, pêches, mûres, fraises, framboises...

Les produits laitiers
Ils nous apportent des protéines, mais aussi les vitamines B2 et B12. La première est nécessaire au fonctionnement du cerveau. La seconde est la vitamine du développement intellectuel.
Au menu : lait, yaourts, fromages... à chaque repas !

Les huiles végétales

Les matières grasses sont indispensables au bon fonctionnement du cerveau, mais pas n’importe lesquelles. Les huiles végétales sont celles sur lesquelles il faut miser. Riches en Oméga-3 et en vitamine E, elles protègent notre cerveau en neutralisant les radicaux libres.
Au menu : Huile de colza, huile d’olive, huile de pépins de raisins, huile de noix…

Les céréales complètes
Glucides complexes, vitamines B, fer et zinc : les produits céréaliers, de préférences complets, ont tout des produits stars du cerveau. Méfions-nous par contre des biscuits et autres pâtisseries industriels. Ils sont bourrés de graisses saturées, ennemies numéro un de la mémoire.
Au menu : pain, blé, riz, avoine, pâtes, céréales du petit-déjeuner...»

Extraits à suivre : Les aliments qui stimulent la mémoire. Pour lire la suite maintenant:
http://www.psychologies.com/Nutrition/Equilibre/Alimentation-equilibree/Articles-et-Dossiers/Ces-aliments-qui-boostent-le-cerveau
Moral en berne ? Déprime saisonnière ? Votre alimentation peut aussi vous aider à retrouver le moral. Les pistes à suivre dans notre article sur "Les aliments du bonheur".

vendredi 5 juillet 2013

Au resto, oui aux menus moins salés !



Une initiative à saluer de la part de cette chaîne de restaurants !

Une tonne de sel en moins annuellement chez Pacini
Article signé Marie Allard publié dans La Presse le 4 juillet 2013

Une tonne de sel par an. C'est ce que Pacini s'apprête à enlever du menu de ses 26 restaurants. Cela équivaut à 24% du sodium actuellement utilisé dans ses sauces à pâtes et à pizza ainsi que dans ses vinaigrettes.
Frédérick St-Aubin, chef exécutif de Pacini, a orchestré ce changement dans le cadre du programme volontaire d'amélioration Melior. «Au départ, ça ne me tentait pas du tout, a-t-il admis à La Presse. C'est énorme, le sel, pour un chef.»

Le fournisseur de Pacini a d'abord eu la commande d'enlever 10%, 20% et 30% du sel de ses sauces, sans modifier la recette. Échec: ça n'avait pas bon goût. «On a décidé de revenir à l'authenticité, en retirant une bonne partie des ingrédients», a expliqué M. St-Aubin.

Le glutamate monosodique (un rehausseur de goût) est parti, comme plusieurs allergènes (soja, sulfites, blé, etc.). Même le porc haché, que certains clients évitent pour des raisons religieuses, a été retranché. «On a ensuite ajouté plus de tomates, plus de vin dans la sauce bolognaise, plus de carottes, d'oignons, on a grossi le grain de la viande hachée, a expliqué le chef. On prend de l'ail frais, plutôt que de l'ail en huile, pour plus de saveur.»

Au final, la sauce bolognaise de Pacini contient 210 mg de sodium de moins qu'avant. Ses 870 mg de sodium par portion équivalent à 38% du maximum tolérable qu'un adulte peut consommer par jour. Avec l'ancienne formulation, ce taux atteignait 47%... La sauce Napoletana, une simple sauce aux tomates et aux poivrons, a quant à elle perdu 42% de son sodium.
Les nouvelles recettes seront offertes graduellement, d'ici la fin du mois d'août. «On est très confiants», a dit M. St-Aubin. Pourtant, les pennes de blé entier, offertes par Pacini depuis l'automne dernier, ne sont choisies que par 2% des clients.

Pour lire la suite et en savoir plus :

samedi 18 mai 2013

Le Québec dans nos assiettes, prise 3



Humeur réjouie: une mesure indispensable saluée par à peu près tout le monde.



Des choix dans votre assiette
Éditorial d’Ariane Krol publié dans La Presse, le 18 mai 2013

«La première ministre a beau parler de fierté et d’identité, la souveraineté alimentaire du gouvernement Marois est d’abord une politique économique.

Des aides financières plus généreuses et plus accessibles pour les jeunes qui se lancent en agriculture, des tarifs d’électricité réduits pour la production en serre, une politique d’achats publics privilégiant les produits locaux et des projets de loi pour protéger les terres agricoles de la spéculation : l’agroalimentaire québécois a eu droit à pas moins de quatre annonces jeudi.

Combien tout cela coûtera-t-il ? Impossible à dire pour l’instant, puisque seul le prix de la première mesure est clairement étiqueté : 3,8 millions de dollars pour la relève, puisés à même les fonds de la Financière agricole. On a hâte de voir le reste de la facture, surtout celle de l’électricité subventionnée.

Cela dit, investir dans l’agriculture et la transformation alimentaire est une stratégie tout à fait défendable. Ces secteurs sont des moteurs d’activité économique importants dans toutes les régions, y compris celle de Montréal. Ils sont donc très intéressants à développer. Miser sur la demande locale est la façon la plus logique et sans doute la plus rapide de le faire. Le tiers seulement des aliments consommés au Québec viennent d’ici. Le potentiel de croissance est donc bien réel. Ça ne passera pas par des bananes locales, évidemment, mais quand des maraîchers d’ici ne trouvent pas de place dans les supermarchés en pleine saison des récoltes, c’est clair qu’il y a place à l’amélioration.

Le ministre Gendron compte beaucoup sur les consommateurs pour convaincre les chaînes d’améliorer leur offre locale. De fait, ceux-ci sont de plus en plus nombreux à rechercher les produits québécois et à les réclamer s’ils ne les trouvent pas. Mais le prix demeure un critère important – le seul, même, pour beaucoup de gens. Il ne faut donc pas s’attendre à un transfert massif en faveur des aliments du Québec, du moins pas à court terme.

Heureusement, le ministre de l’Agriculture a une autre carte dans sa manche : une politique d’achats publics, promise d’ici la fin de l’année. Le gouvernement, notamment les établissements de santé et d’éducation, dépense des sommes considérables en alimentation. Donner la préférence aux fournisseurs locaux pourrait faire une différence importante, en particulier pour les transformateurs. Il faudra voir ce que Québec peut exiger sans contrevenir aux règles de commerce international et interprovincial, mais encore une fois, il est certain qu’on peut faire mieux.

En plus d’investir, Québec veut que l’agriculture ait priorité sur d’autres activités économiques, comme le développement immobilier. C’est un pas dans la bonne direction, mais il reste beaucoup à faire. Si on veut favoriser l’essor de l’agroalimentaire, il va notamment falloir repenser le programme d’assurance stabilisation – le nombre restreint de productions admissibles est une entrave majeure au développement.»

vendredi 17 mai 2013

Le Québec dans son assiette, prise 2




J’ai l’humeur dubitative ce matin en lisant ce  billet qui fait suite à la nouvelle que j’ai mise en ligne hier dans ces pages.

La « souveraineté alimentaire». Vraiment ?
Un billet de Feifei Chiang*



Radio-Canada a affirmé, mercredi, que le gouvernement du Québec planchait sur la possibilité d’avoir des incitatifs plus sérieux pour les géants de l’alimentation à s’approvisionner au Québec.

La manie du gouvernement Marois de vouloir insérer le mot « souveraineté » partout m'a presque fait rater une nouvelle que je qualifie d'importante. J'ai dû lire une deuxième fois pour comprendre de quoi il s'agissait.

En effet, au Québec, les supermarchés refusent systématiquement de s’approvisionner au Québec. Pire encore : les lois forcent ces supermarchés à afficher la provenance de leurs aliments, mais ceux-ci, plus souvent qu’autrement, refusent de le faire.
Mon expérience personnelle me dit que certains gérants de supermarchés prennent le mors aux dents lorsqu’on leur souligne le fait qu’ils ne respectent pas la loi. Allez-y, voir, faites le test : promenez-vous dans l’allée des fruits et légumes dans un Loblaws ou dans un Intermarché. Est-ce que la
provenance des fraises, des bleuets, des navets et des topinambours est écrite? Si non, jouez les trouble-fête, je vous en prie : allez au comptoir de service à la clientèle, demandez le gérant, et demandez-lui pourquoi les provenances ne sont pas clairement indiquées. Regardez-le tourner rouge, bleu, vert, crier et vous « inciter » à quitter les lieux. Allez-y, pour voir!

Économies de bouts de chandelle
Alors que certains y voient enfin une lueur de bon sens de la part de ce gouvernement mis à mal dans les sondages, d’autres affirment qu’il s’agit de protectionnisme rétrograde et même d’une forme de taxe cachée. Mais qui peut bien penser que « manger local » soit une mauvaise idée? Je vous le demande en toute sincérité : quelqu’un peut me donner un argument valide? Je ne comprends pas qui pourrait être contre.

Voyons voir, quels sont les points positifs à vouloir financer, aider, promouvoir et célébrer les agriculteurs locaux?
- L’économie des régions est, en très grande partie, basée sur l’agriculture. Ceci signifie qu’il y aurait enfin des emplois dans des endroits mis à mal par la conjoncture économique actuelle.
- Les pesticides et autres produits chimiques qui sont illégaux au Québec – illégaux puisqu’on sait qu’ils sont nocifs – ne le sont pas nécessairement aux États-Unis, en Amérique latine ou encore en Chine. On ne sait pas vraiment ce qu’on met dans notre bouche…
- La viande est traitée très différemment. On sait déjà que le porc est maltraité au Québec et qu’il le sera encore longtemps, mais on moins, on le sait. On n’a aucune idée des traitements réservés aux animaux en provenance de l’Argentine ou de l’Inde.
- Les agriculteurs locaux sont des gens fiers, qui travaillent plus fort que quiconque, et qui sont en difficulté financière pour la plupart. En fait, l’agriculteur est une espèce en voie de disparition. Leur sort est entre nos mains.
- On a parlé maintes et maintes fois, depuis une dizaine d’années, de la bouffe bio. Si on veut que les terres du Québec soient traitées « à la bio », il faudrait, fort probablement acheter leurs produits.
- Le transport d’aliments est un sérieux problème. Par bateau, par avion, par train, par camion : tous brûlent des centaines de milliers de barils de pétrole par année. Ceci pose problème pour l’environnement et pour l’économie, bien entendu, mais aussi pour l’armée canadienne : par exemple, le pétrole brûlé au Québec vient, en grande partie, d’Algérie. Vous souvenez-vous de la prise d’otages de terroristes en janvier dernier? Aussi, Al-Qaida au Maghreb est bien implanté en Algérie – en fait, ses racines s’y trouvent.
Bien entendu, cette liste est non-exhaustive. En fait, je vous mets au défi, chers lecteurs, d’en trouver d’autres et de les ajouter aux commentaires au bas de cette page.
Et puis, si le gouvernement du Québec pouvait, du même coup, changer son fusil d’épaule au sujet de l’étiquetage OGM… Mais bon, je rêve probablement en couleurs.

Pas seulement les fruits et légumes
Mais cette situation est d’autant plus probante lorsqu’on pense à la viande. Les petits producteurs de bœuf d’Estrie (et de tout le Québec) souffrent sérieusement, au point où plusieurs observateurs se demandent si l’industrie ne serait pas à l’agonie. Entre autres problèmes, ils en ont un géant sur les bras, causé par les amis de Jean Charest avec l’affaire de l’abattoir Levinoff-Colbex, et ce scandale va continuer à leur coûter très cher durant les années à venir.
Aussi, la provenance des viandes emballées par les supermarchés n’est que très rarement affichée. Le gouvernement forcera-t-il l’industrie à changer cette pratique? Cette incongruité est malheureusement une sérieuse épine dans le pied de la crédibilité du gouvernement Marois sur ce projet de bouffe locale, qui n’est, rappelons-le, qu’à l’étape d’idée.
Le bœuf de l’Alberta, le porc du Vermont, le lait et les œufs d’Ontario…
Mais ce qui frappe le plus, c’est à quel point le marché de l’agneau et inondé de viande en provenance de Nouvelle-Zélande.
L’agneau du Québec – entre autres celui de Charlevoix, internationalement reconnu – est presqu’absent des tablettes des géants de l’alimentation. L’agneau congelé et décongelé venant de Nouvelle-Zélande – à une distance de près de 15 000 kilomètres, rappelons-le – est partout, moins cher, emballé sous vide et l’objet de maintes et maintes promotions dans les circulaires des Provigo et Super C de ce monde.

Une nouvelle mode frappe présentement Montréal : celle du restaurant qui offre des produits locaux – bières, vins, viandes, fruits et légumes – concoctés à l’aide de techniques locales venant de chefs québécois – Martin Picard, David McMillan – et cette mode locavore fait la renommée du Québec dans le monde. La preuve? Anthony Bourdain consacrait en avril dernier une émission d’une heure sur les mérites de la cuisine et des produits du terroir québécois. Cependant, les ménages québécois continuent de manger des produits venant de l’autre bout du monde.
Oui, le gouvernement québécois fait bien d’explorer cette avenue. En fait, celui-ci est probablement quinze ans en retard.

* Feifei Chiang
Chinoise, Québécoise, Pékinoise, Montréalaise, Canadienne, étudiante à la maîtrise en communications à l'université Northwestern de Chicago, Feifei Chiang passe son temps à apprendre, à questionner, à contester et à être contestée. Elle se passionne pour l'actualité sous toutes ses formes.


jeudi 16 mai 2013

Une initiative réjouissante




Humeur souriante ce matin, une nouvelle réjouissante autant pour les consommateurs que pour les agriculteurs québécois.

Offensive de Québec pour la souveraineté alimentaire

Le gouvernement de Pauline Marois entend inciter les grandes chaînes alimentaires à s'approvisionner davantage au Québec et mieux protéger les terres agricoles, selon les informations obtenues par Radio-Canada à la veille de la présentation de la politique de souveraineté alimentaire par le ministre de l'Agriculture, François Gendron.

Le gouvernement du Québec incitera les réseaux de distribution tels que Métro, Provigo et IGA à se doter d'une politique d'approvisionnement de produits alimentaires québécois afin de promouvoir l'achat de produits locaux sur le marché québécois.

En plus des initiatives personnelles, Québec entend appliquer cet objectif à ses institutions publiques. Par exemple, le gouvernement insistera pour que les dizaines de millions de repas servis dans les hôpitaux du Québec chaque année soient préparés avec des produits québécois.

Lors de la présentation de la politique sur la souveraineté alimentaire, le ministre de l'Agriculture insistera aussi sur la protection des terres agricoles alors que l'étalement urbain gruge des milliers d'hectares de terres fertiles chaque année.

Le gouvernement Marois entend aussi s'assurer que ces terres demeurent entre les mains des agriculteurs. À cet effet, Québec veut modifier la loi sur l'acquisition des terres par des non-résidents. De son côté, l'Union des producteurs agricoles (UPA) fait aussi pression pour qu'une société d'État soit créée afin de bloquer la voie aux spéculateurs.

Québec souhaite par ailleurs appuyer la relève et prévoit plusieurs mesures en ce sens, dont une démarche d'accompagnement pour aider les agriculteurs à s'adapter aux changements et à augmenter leur rentabilité.
Après avoir présenté sa politique de souveraineté alimentaire, Québec devra élaborer ses plans d'action afin de la mettre en oeuvre.

Selon les informations de Martine Biron

mercredi 10 avril 2013

Un chocolat moins calorique



On sait que le chocolat noir est recommandé par les nutritionnistes qui le considèrent comme un aliment aux remarquables pouvoirs antioxydants. Des recherches publiées dans la revue American Journal of Clinical Nutrition ont montré que les sujets qui mangeaient du chocolat noir affichaient une plus grande sensibilité à l'insuline et une diminution de l'insulino-résistance que ceux qui mangeaient des quantités équivalentes de chocolat blanc.


Article de RelaxNews publiée dans La Presse le 10 avril 2013

Des scientifiques britanniques ont trouvé un truc pour réduire de moitié la teneur en graisse du chocolat sans pour autant mettre à mal son goût, en ajoutant du jus de fruit à sa composition.

Le Dr Stefan Bon, qui a dirigé cette étude à l'université anglaise de Warwick a expliqué que cette nouvelle technologie allait permettre aux industriels de fabriquer du chocolat avec du jus de fruit, de l'eau à la vitamine C, voire même du soda allégé.
«Nous avons établi la formule chimique qui est un point de départ pour des confiseries chocolatées plus saines», a expliqué le docteur. «Cette approche garde le caractère chocolaté, mais le jus de fruit remplace la matière grasse».

Et d'ajouter : «nous espérons que l'industrie agroalimentaire va s'en emparer et utiliser cette technologie pour concevoir de bonnes barres chocolatées et autres confiseries réduites en calories.»

Stephan Bonn a présenté son travail lors du congrès de l'American Chemical Society, à La Nouvelle-Orléans, le 7 avril.

Pour créer ce nouveau chocolat, on ajoute le jus de fruit sous forme de micro-bulles, afin de garder la texture caractéristique de cette sucrerie qui fond dans la bouche. Cette technologie fonctionne avec le chocolat noir, au lait et blanc.

dimanche 24 mars 2013

Après les gras, on passe aux sucres




Le sucre, un doux poison ?
Article de Vanessa Fontaine publié dans La Presse, le 23 mars 2013

« Un nombre grandissant de scientifiques nous avertissent: selon eux, le sucre est toxique, pire que le gras, l'une des causes principales de l'obésité, du diabète, du cancer et des maladies cardio-vasculaires.

«Le sucre est bel et bien toxique», proclame le New York Times du 27 février, dernier éclat d'une controverse qui gronde depuis quelques années. L'article rapporte les résultats d'une étude menée par le Dr Robert Lustig, endocrinologue bien connu pour sa guerre contre le sucre, dont la vidéo Sugar: The Bitter Truth a été vue plus de trois millions de fois sur YouTube. Selon cette étude, la consommation de sucre était liée au diabète indépendamment du taux d'obésité, et ce, à l'échelle de 175 pays. Même en contrôlant toutes les autres variables comme la pauvreté, l'urbanisation et l'activité physique, le sucre était le seul facteur à prédire l'apparition du diabète. Entre deux populations équivalentes qui consommaient exactement le même nombre de calories, l'incidence de diabète était plus élevée chez ceux qui consommaient plus de sucre.

Le sucre est donc le principal problème lié à notre alimentation, selon le journaliste du New York Times, qui conclut: «Ce n'est pas le fait de trop manger qui vous rend malade; c'est de trop manger de sucre. Nous avons finalement la preuve qu'il nous fallait pour rendre un verdict.»

Cette étude va connaître un important retentissement, selon le Dr Dominique Garrel, endocrinologue et professeur titulaire à l'Université de Montréal. Il rappelle que «la toxicité des sucres est connue depuis très longtemps des biochimistes. Pour nos artères notamment, le sucre est un véritable poison». Que ce savoir ne soit pas plus répandu est une question d'éducation, selon lui. «C'est aussi parce que la guerre au gras a occupé le terrain, dit-il. Il y a beaucoup de résistance à l'idée que le sucre soit responsable, parce que le sucre ne contient pas beaucoup de calories, à 3,4 par gramme, contre 9 par gramme pour la graisse.»

Au fur et à mesure que les dirigeants de l'industrie agroalimentaire ont réduit le gras de leurs produits, ils l'ont remplacé par du sucre. «Ç'a été un effet pervers de la guerre contre la graisse. Ils ne vont pas vendre des aliments où il n'y a pas de calories, dit le Dr Garrel en riant. Personne n'en mangerait, ils ne sont pas fous.»

Cette résistance à l'idée que le sucre puisse être néfaste s'explique aussi autrement, selon le journaliste scientifique Gary Taubes, auteur de Bonnes calories, mauvaises calories, et dont le prochain livre portera d'ailleurs sur le sujet. «Les gens adorent cette substance, a-t-il dit lors d'une entrevue téléphonique. C'est comme ça que nous communiquons l'amour dans notre culture. Les mères donnent des sucreries à leurs enfants. Que seraient les anniversaires sans le sucre? La Saint-Valentin? Alors, vous êtes mieux d'avoir des preuves assez convaincantes avant de dire aux gens de ne pas en consommer.»

«Si le Dr Lustig a raison, ajoute-t-il, cela voudrait dire que le sucre est également la cause alimentaire la plus probable de plusieurs autres maladies chroniques, communément considérées comme étant des maladies liées au mode de vie occidental.» Ces maux, aussi appelés «maladies des civilisations», incluent les caries, les maladies cardiaques et le cancer, des afflictions qui, pour des raisons encore mal expliquées, sont peu fréquentes ou même inexistantes dans les sociétés traditionnelles et apparaissent habituellement lorsqu'une population s'occidentalise. Les hommes des cavernes, par exemple, avaient probablement une meilleure dentition que nous, selon une équipe internationale de chercheurs qui a examiné des squelettes préhistoriques, et dont les conclusions ont été publiées en février.

Le problème, selon le Dr Garrel, c'est qu'avant les années 80, la consommation de sucres purs se trouvait sous un seuil pour lequel les conséquences sur la santé étaient minimes. «Mais ce qui a complètement changé l'histoire, c'est qu'à partir des années 80, les Américains ont réussi à extraire le fructose du maïs avec une extraordinaire efficacité, à un coût ridicule. Donc, l'industrie du sucre en a mis partout. D'ailleurs, quand on regarde la courbe d'obésité depuis les années 80 et qu'on essaie de la mettre en parallèle avec tous les autres paramètres de consommation alimentaire, il n'y a que la consommation de sucre pur qui est en parallèle avec l'obésité.»

D'un point de vue évolutif, nos ancêtres étaient habitués à consommer des fruits en saison et quelques sucreries à l'occasion, jamais rien de semblable au sirop de fructose qui envahit aujourd'hui nos tablettes. Comme l'explique le Dr Garrel, la quantité totale de sucre est un problème, «mais c'est la vitesse d'entrée du sucre dans le système qui fait la plupart des dégâts. Dans une canette de cola, il y a 40 g de sucre, donc il faudrait presque 1 kg de fraises pour l'égaler. Et je vous défie de manger 1 kg de fraises en 10 minutes». Pour la même raison, il est beaucoup mieux de consommer une orange qu'un verre de jus d'orange, dont le sucre, débarrassé des fibres et des nutriments de l'orange, est absorbé beaucoup plus rapidement par l'organisme.

Les effets potentiellement nocifs du sucre inquiètent de plus en plus de gens, qui croient qu'il est maintenant temps pour nos gouvernements d'agir. Le problème, selon Gary Taubes, «c'est que ces maladies mettent toute une vie à se former. Comme les scientifiques ne disposent pas de décennies pour mener leurs recherches, ils utilisent des rats et leur administrent des doses élevées de sucre. Cela laisse beaucoup de jeu aux sceptiques, qui peuvent dire: Oui, mais regardez les quantités que vous leur avez données, ou C'est peut-être vrai pour les rats, mais pas pour les humains». Il croit que l'industrie du sucre, soutenue par de puissants lobbys, cultive cette ambiguïté par rapport au danger de son produit, tout comme le faisait l'industrie du tabac avant elle.

Une comparaison appropriée, selon le Dr Garrel, même si, en fait, «on n'a jamais pu causer un seul cas de cancer du poumon chez un animal en le forçant à fumer. On a tué des milliers et des milliers de rats et de lapins en essayant de le faire, on n'y est jamais arrivé. C'est pour ça, d'ailleurs, que les sociétés de tabac se sont toujours défendues en disant: Regardez, il n'y a pas de preuves. Là, c'est complètement différent. Vous nourrissez un rat avec du fructose, vous allez le rendre résistant à l'insuline en deux jours».

Il est inutile d'attendre qu'une causalité parfaite soit démontrée entre le sucre et ses effets délétères, selon lui. «Ça n'arrivera pas. À mon avis, on doit appliquer ce qu'on appelle le principe de précaution, c'est-à-dire: on a affaire à une substance dont nous n'avons pas besoin, et les arguments de la recherche sont totalement convaincants. Connaissant la gravité de la maladie, moi, si j'étais un responsable de la santé publique, ça me suffirait pour faire une guerre acharnée contre les sucres purs.»

Les initiatives contre le sucre se multiplient déjà. Le 1er janvier 2012, la France a instauré une taxe sur les boissons gazeuses. En février, The Academy of Medical Royal Colleges, groupe représentant plus de 220 000 docteurs, a exigé qu'une taxe semblable soit mise en place en Grande-Bretagne. Le maire de New York continue de se battre pour interdire la vente de boissons sucrées de plus d'un demi-litre, un règlement adopté en septembre, puis annulé par un juge ce mois-ci.

Ces mesures ne vont pas assez loin, selon le Dr Garrel, qui croit qu'il serait plus efficace de «commencer par obliger les fabricants à mettre une étiquette, comme le tabac, par exemple: Attention: la consommation de sucre est liée au diabète, en grosses lettres, sur toutes les canettes de cola».

Au Québec, la Coalition québécoise sur la problématique du poids souhaite que le gouvernement institue une redevance sur les boissons sucrées, qui serait payée par les fabricants et réinvestie dans la communauté afin de favoriser l'accès à une saine alimentation. Elle souhaite aussi que la vente de boissons sucrées soit interdite dans les établissements sportifs et les lieux fréquentés par les jeunes, et qu'elle soit interdite partout aux moins de 18 ans.

***
Quantité de sucre dans...
4 g = 1 c. à café

355 ml de Coca-Cola = 42 g, ou 10 c. à café

355 ml de jus d'orange = 34 g, ou 8 c. à café

500 ml d'eau vitaminée = 28 g, ou 7 c. à café

2 c. à table de ketchup = 8 g, ou 2 c. à café

2 tranches de pain blanc = 3 g, ou 1 c. à café

3/4 t. de yogourt nature = 5 g, ou 1 c. à café

3/4 t. de yogourt sans gras, à la vanille = 21 g, ou 5 c. à café

2 c. à soupe de beurre d'arachides = 2,5 g, ou 0,63 c. à café »