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lundi 3 mars 2014

La question du lundi






Notre vie privée nous appartient de moins en moins, elle est de plus en plus la propriété des réseaux sociaux et des vendeurs de toutes sortes. Cette situation vous inquiète-t-elle ?


Je te surveille, et c’est pour ton bien

Article publié le 26 février 2014, Agence Science-Presse

Une expérience à grande échelle de surveillance des utilisateurs de téléphones démontre combien cette accumulation de données pourrait être utile... pour quiconque veut vous vendre quelque chose.

Depuis l’automne dernier, un millier d’étudiants de l’Université technique du Danemark (DTU) sont suivis partout. Tous munis du même téléphone, ils laissent une trace électronique à chaque seconde —à qui parlent-ils, dans quelle pièce, avec combien de gens, etc. Une expérience sociologique (SensibleDTU) d’une ampleur inédite qui, en théorie, permettrait de dégager des tendances sur les comportements— mais qui permettrait aussi, et c’est la partie qui fait jaser, de déterminer comment on peut changer un comportement.

Par exemple, avec ces données, une application médicale permettrait de signaler à quelqu’un qu’il serait mieux pour lui d’éviter ce troisième café, ou cette deuxième portion de tarte. Un médecin pourrait être avisé de texter à son patient dépressif pour lui demander s’il va bien. Où passe la ligne entre le souci du bien-être et l’intrusion dans la vie privée? Entre le conseil amical et le reproche qui culpabilise? Les chercheurs qui sont derrière cette expérience danoise reconnaissent eux-mêmes que ces questions sont légitimes, mais n’ont pas de réponse à offrir.



lundi 24 février 2014

La question du lundi






Est-ce qu’il vous arrive de trop manger ? C’est la question que je vous pose après les probables excès de fin de semaine.

Manger et savoir s’arrêter
Article d’Anne-Laure Vaineau publié dans Psychologie. com

Manger à sa faim, mais pas plus. Cela coule de source. Pourtant, nous sommes nombreux à ne pas savoir quand nous arrêter, à « avoir les yeux plus gros que le ventre ». Résultat : nous mangeons trop. Comment nous reconnecter à nos sensations alimentaires ? Le point avec le psychiatre et psychothérapeute Gérard Apfeldorfer, spécialiste du comportement alimentaire et co-fondateur du programme Linecoaching

Il y a ceux qui finissent systématiquement leur assiette, ceux qui ne peuvent pas s’empêcher de se resservir, ou encore ceux qui comptent les calories, au point d’en oublier ce qu’ils aiment vraiment manger ou non. Les premiers sont formatés par de mauvaises habitudes éducatives, les autres cherchent à “se remplir” par la nourriture, les derniers sont dans l’hyper-contrôle. Mais tous partagent un point commun : ils ne sont ni à l’écoute de leur corps, ni de ses besoins. Résultat ? Ils perdent contact avec leurs sensations alimentaires.

« Il y a réellement deux obstacles qui peuvent nous couper de nos repères, explique Gérard Apfeldorfer. Les régimes d’abord. Dès lors que nous cherchons à contrôler la qualité et la quantité de ce que nous mangeons, en faisant passer les critères diététiques et restrictifs avant notre plaisir, nous négligeons nos sensations alimentaires. » Le risque, à force de privation : craquer sur une tablette de chocolat, compenser la frustration par du grignotage compulsif.

« D’autre part, ajoute le psychiatre, se trouve notre difficulté à gérer nos émotions, que la nourriture a la capacité de calmer. L’ennui, la colère, la tristesse… Quand celles-ci sont fortes, nous réagissons dans l’urgence : nous voulons manger vite, beaucoup, et de préférence, des aliments riches, qui sont ceux qui nous apaisent le plus. » Et pourtant, il est possible de trouver du réconfort en mangeant, mais de façon plus mesurée.

La faim du ventre
Fin du repas. Repus, nous nous touchons le ventre, et d’un air satisfait, nous pensons « j’ai bien mangé, je n’ai plus faim. » Question d’habitude, d’éducation, de croyance, nous sommes nombreux à penser que notre ventre est notre meilleur allié. Il gargouille lorsque nous avons faim, se remplit et s’apaise lorsque nous avons mangé. « Et d’une certaine manière c’est vrai, admet Gérard Apfeldorfer, c’est notre ventre qui nous indique la fin de la faim : la satiété. Le signal arrive directement du tube digestif. Le souci, c’est qu’il faut attendre que la nourriture soit arrivée au niveau du duodénum (la partie la plus haute de l’intestin) pour que le message soit ensuite transmis au cerveau. C’est un processus qui prend environ quinze minutes. » Quinze minutes pendant lesquelles, bien souvent, nous avons continué de manger, croyant que nous avions encore faim. Et c’est pourquoi le « je n’ai plus faim » devient bien trop souvent le
fameux « j’ai trop mangé »…

La faim en bouche
« Le deuxième siège de nos sensations alimentaires, explique le psychiatre, c’est notre bouche. C’est d’elle que partent les signaux de plaisir, la satisfaction, mais aussi le rassasiement gustatif : la fin du plaisir à manger un aliment. En pratique, voilà comment cela se passe : je mange un steak-frites. Après plusieurs bouchées, j’ai le sentiment, en bouche, que le goût du steak-frites ne me séduit plus. Je n’ai plus d’appétit pour ce steak-frites. Ce qui ne veut pas dire que je n’ai plus faim du tout. Je vais donc me tourner vers un autre aliment. Mon dessert par exemple. » C’est donc grâce au rassasiement gustatif que nous avons la capacité de passer d’aliments en aliments, de manger varié, et équilibré, mais surtout de savoir quand nous avons mangé assez, en quantité, d’un aliment donné.

La bouche, notre meilleur allié
« Tout l’enjeu est de maîtriser ce rassasiement gustatif : manger pour le plaisir et savoir s’arrêter quand celui-ci est atteint, assure Gérard Apfeldorfer. Parce que dans le cadre d’une alimentation variée, composée d’aliments qui n’ont pas tous la même densité calorique et énergétique, le remplissage du ventre n’est pas un critère pour savoir si nous avons mangé assez. La quantité de nourriture que nous sommes capables d’avaler ne nous dit pas si notre repas nous a apporté suffisamment de calories ou non. »

Prenons l’exemple d’une personne au régime, qui ne composerait son déjeuner que d’haricots verts. Elle peut en manger suffisamment pour ressentir la plénitude du ventre et s’arrêter d’elle-même. Mais du point de vue gustatif, elle ne ressent aucune satisfaction. « Et ce, ajoute le spécialiste, d’autant plus que les aliments de faible intensité calorique, tels que les légumes, n’apportent aucune lassitude gustative. En bouche, ils ont toujours le même goût. »À peine quelques heures plus tard, elle aura donc de nouveau faim, parce que son repas ne l’aura pas rassasiée.
À l’inverse, si nous ne mangeons que du foie gras ou du chocolat, c’est la sensation en bouche qui va nous arrêter. Lorsque nous sentirons que continuer risque de nous écœurer, et que le plaisir n’est plus là. Et ce, même si le ventre, de son côté, n’est pas plein.

Manger en pleine conscience
Bien repérer le rassasiement gustatif nécessite donc d’être à l’écoute de notre corps lorsque nous mangeons, ce qui demande d’être pleinement à ce que nous faisons (être assis, sans regarder la télévision ni lire en même temps, prendre le temps de bien mâcher, de respirer profondément entre chaque bouchée…) et de nous interroger. “Qu’est-ce que je ressens dans ma bouche ? Est-ce que c’est encore plaisant ou est-ce que si je continue, je vais arriver au dégoût ?” Cela nécessite d’être attentif à nos sensations, mais surtout d’éprouver du plaisir dès le début du repas, sans quoi, la fin de ce plaisir ne pourra jamais arriver.

Et si nous mangeons ainsi, en pleine conscience, nous mangeons forcément plus lentement. Nous avons donc plus de chance de ressentir la plénitude du ventre avant de l’avoir dépassée. Un cercle vertueux sur lequel repose les clés d’une alimentation auto-calibrée sur nos besoins, et sur rien d’autre.
« C’est le même principe pour nos émotions, conclut Gérard Apfeldorfer. Lorsque nous nous sentons submergé, il suffit de choisir un aliment qui nous fait réellement envie et de le déguster en pleine conscience. » En étant entièrement concentré sur nos sensations en bouche. En le mâchant lentement, et en le sentant glisser dans notre gorge. Alors, la tablette de chocolat peut sans difficulté se réduire à un simple carré, en cas de coup de blues. Un carré pleinement dégusté, savouré, et apprécié. Un carré qui se suffit alors à lui seul.« Tout l’enjeu est de maîtriser ce rassasiement gustatif : manger pour le plaisir et savoir s’arrêter quand celui-ci est atteint, assure Gérard Apfeldorfer. Parce que dans le cadre d’une alimentation variée, composée d’aliments qui n’ont pas tous la même densité calorique et énergétique, le remplissage du ventre n’est pas un critère pour savoir si nous avons mangé assez. La quantité de nourriture que nous sommes capables d’avaler ne nous dit pas si notre repas nous a apporté suffisamment de calories ou non. »


lundi 10 février 2014

La question du lundi




Les médias se sont ligués pour nous donner l’impression que la grande famille humaine a cessé de vivre afin de regarder les jeux de Sotchi. À en juger par ce qu’on nous montre, il ne se passe plus rien d’autre sur la planète. Êtes-vous atteint par cette fièvre moutonnière supposément contagieuse ? Ou la considérez-vous comme un monumental gaspillage ?

lundi 3 février 2014

La question du lundi




Dans nos environnements bruyants, nous sommes si éloignés du silence que nous sommes continuellement portés à le fuir. Même dans les moments de calme et de repos, nous allumons la radio ou la télé.  Recherchez-vous le silence ou avez-vous pris l'habitude de le remplir de bruits ? C’est la question du lundi : quelle place accordez-vous au silence dans votre vie ? À lire, un article éclairant.

Apprivoiser le silence
Article publié dans Psychologies.com, décembre 2012

Besoin de calme et d’isolement ? Dans un environnement saturé de stimulations sonores, l’absence de bruit peut pourtant provoquer l’ennui ou nous renvoyer à des angoisses profondes. Un peu de silence, oui, mais à conquérir à pas feutrés.

Dans The Artist, ce "silent film", comme disent les Américains, que l’on ne présente plus, une scène est particulièrement troublante. Un tonnerre d’applaudissements salue George Valentin (alias Jean Dujardin), mais nous n’entendons ni claquements de mains ni bravos, ce qui provoque en nous la sensation étrange d’être décalés, isolés de cette salve d’enthousiasme. « Le bruit construit un paravent permettant le retrait hors du monde, explique l’anthropologue David Le Breton. La muraille sonore érigée par le baladeur isole d’un monde difficile à saisir en donnant une sécurité provisoire, un sentiment de contrôle sur l’environnement. À l’inverse, le silence est une cristallisation de la durée, un temps arrêté ou infiniment lent ouvert à la sensorialité du corps humain. » « Il renvoie à l’inconnu tel un écran blanc », confirme la psychanalyste et psychothérapeute Marie Romanens, auteure avec Patrick Guérin de Pour une écologie intérieure (Payot, 2010).

L'angoisse du vide
Pour les scientifiques, le silence est un son à zéro décibel qui n’existe pas en dehors des chambres acoustiques. Même en haute montagne, un souffle d’air imperceptible fait grimper les décibels à dix. Cela est d’autant plus vrai que notre propre corps émet en permanence des sons que nous percevons plus ou moins consciemment : gargouillis, respiration forte, battements de cœur en cas d’angoisse ou d’effort physique. Même lorsque nous lisons dans notre tête, la clameur des mots résonne en nous. « Le silence relève d’une sensation subjective puisque notre ouïe est stimulée en permanence », précise Mireille Tardy, ORL et phoniatre de l’association Journée nationale de l’audition (JNA). Il parle à l’imaginaire et peut renvoyer soit à la représentation paisible du monde subaquatique, soit à celle, terrifiante, d’une cave isolée. Ce à quoi Emmanuelle Laborit, sourde de naissance, rétorque : « Mais c’est bruyant de sensations une cave ! » Et la comédienne de préciser qu’elle « l’entend » comme un lieu plein d’odeurs et d’humidité. Pour elle, le silence serait d’« avoir les yeux fermés, les mains paralysées, le corps insensible, la peau inerte. Un silence du corps », écrit-elle dans Le Cri de la mouette (Pocket Jeunesse, 2003).

Au fond, c’est parce qu’il nous prive de nos repères sonores qu’il fascine, intimide ou effraye. Dans nos sociétés modernes, le silence nous alerte. Il est celui « de la panne, de la défaillance de la machine, de l’arrêt de transmission », note David Le Breton. Un espace vide qui inquiète, au point que le chuchotement ou le mutisme deviennent immédiatement suspects : que cherche-t-on à me cacher ? Pourquoi ce silence ? Que traduit-il_  Depuis l’enfance, Emmanuelle Laborit associe le bruit à la lumière et aux couleurs, tandis que le silence est noir comme la nuit, ce moment où elle ne pouvait pas communiquer avec ses parents.

Silence et intériorité
Certains supportent mal la tranquillité d’une maison de campagne quand d’autres utilisent la télé comme une berceuse pour s’endormir. « Ce bruit de fond rassure en reprenant la façon dont notre entourage s’adressait à nous lorsque nous étions petits : une voix douce, un tempo régulier, des mots répétitifs », remarque Mireille Tardy. « L’absence de sons nous confronte à notre intériorité, et beaucoup craignent ce qui peut en émerger : colère, tristesse, frustrations… poursuit Marie Romanens. Cela renvoie à nos peurs archaïques, au sentiment d’insécurité de base, à la solitude, à l’abandon, à la finitude. Cela peut générer une véritable angoisse d’anéantissement pour ceux qui n’ont pas connu une mère “suffisamment bonne” », selon l’expression du pédiatre et psychanalyste britannique Donald Woods Winnicott. C’est d’ailleurs ce face-à-face inconfortable avec le silence qu’utilise la psychanalyse pour accéder à l’inconscient, libérer la parole et nous conduire sur le chemin de l’autonomie psychique.

Les risques de la fatigue auditive
Outre la psyché, l’organisme aussi a besoin de silence pour que ses fonctions soient optimales. « Une nuit à moins de trente-huit décibels permet au métabolisme de bien fonctionner et lui apporte le véritable repos. Exposé à soixante décibels, le sommeil n’est plus réparateur, ce qui peut générer à la longue de l’hypertension, des gastrites liées au stress auditif, de l’irritabilité, des troubles de la mémoire et de l’attention, observe Mireille Tardy. On ne peut pas pour autant parler d’insomnie ! » La solution ? Mesurer le volume sonore de la chambre pendant la nuit et installer, si besoin, des doubles vitrages, ou dormir avec des boules Quies. De jour, la fatigue auditive se manifeste par une impression d’avoir du coton dans les oreilles. Le médecin recommande alors de porter immédiatement des bouchons pendant vingt à trente minutes, surtout après deux heures d’exposition à plus de quatre-vingt-dix décibels (cris, rue en travaux, fort trafic automobile, discothèque…).

De la vie dans le silence
Aimez-vous le silence ? Faites le test pour le découvrir !
Si l’accoutumance au bruit se fait malgré nous – pour preuve, les riverains des gares ou aéroports qui finissent par ne plus entendre les trains ou les avions –, apprivoiser le silence demande un entraînement progressif.
Se balader dans un jardin ou en forêt, entrer dans une église, limiter le volume de son MP3, passer moins de temps devant la télévision ou dans les grands magasins, se boucher les oreilles à l’arrivée du métro, pratiquer le qi gong ou le tai-chi… L’essentiel est de ponctuer notre paysage sonore de temps de récupération, tels les pauses et les soupirs d’une partition musicale. Et d’écouter les sons non agressifs qui nous entourent. Déceler le chant d’un oiseau, le tic-tac d’une horloge, le craquement d’une armoire en bois et même le frottement de notre pantalon… Il y a de la vie dans le silence !

Développer cette acuité réduit l’anxiété, gomme le sentiment de solitude et confère un caractère sacré à ces moments de dépouillement. Cela permet de se retrouver soi. Nous pouvons aussi nous taire plus souvent en compagnie d’autrui, afin que mûrissent, en lui comme en nous, des réponses plus élaborées. Enfin, n’oublions pas l’incessant bavardage intérieur qui soûle nos pensées. La méditation apprend à ne plus y prêter attention pour accéder au silence intérieur. Sans doute le plus épanouissant.


lundi 27 janvier 2014

La question du lundi




Non, ce n’est pas une erreur, vous n'êtes pas dans mon blogue cuisine, vous êtes bien dans mon blogue d’humeurs. Mais pour varier les rubriques, j’ai pensé à une formule plus interactive. Chaque semaine, je vous invite à répondre à une question qui me préoccupe. Si elle vous intéresse aussi, nous pourrons réfléchir ensemble. Voici la question d’aujourd’hui :


Seriez-vous prêts à réduire votre consommation de sucre ?

 ***
La guerre au sucre
Article publié dans Québec Science,  le 23 janvier 2014

(Agence Science-Presse) Après la guerre au sel, la guerre au sucre: en Grande-Bretagne, les arguments mis sur la table ce mois-ci par des nutritionnistes sont à peu près les mêmes que ceux employés par une campagne qui a contribué à réduire la consommation de sel là-bas.

Obtenir le même succès avec le sucre —autrement dit, pousser les compagnies à réduire les taux de sucre comme elles ont réduit les taux de sel d’environ 15% dans les aliments— pourrait toutefois s’avérer plus difficile: il s’avère que nos palais n’ont aucun problème à déguster un aliment moins salé, mais peu d’études permettent d’affirmer la même chose pour le sucre.

D’aucuns recommanderont de remplacer le sucre par des édulcorants, mais certains contiennent tout autant de calories que le sucre. Selon la campagne Action on Sugar, une réduction de 20 à 30% du sucre ajouté pour l’instant à nos aliments équivaudrait à 100 calories de moins par jour par personne.

http://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2014/01/23/guerre-sucre