jeudi 1 décembre 2022

Jour 281 - L’UE veut un tribunal spécial pour juger les «crimes russes»


(Bruxelles) La Commission européenne a proposé mercredi de travailler à la création d’un tribunal spécial pour juger les « crimes de la Russie » en Ukraine et à des solutions pour mobiliser les avoirs russes gelés afin de reconstruire ce pays, deux entreprises qui s’annoncent toutefois difficiles. 

 Dans le même temps, sur le terrain des opérations militaires, les forces russes maintiennent la pression en vue de tenter de s’emparer de Bakhmout, une ville de l’est du territoire ukrainien dans les environs de laquelle des combats font rage depuis l’été. 

« L’ennemi continue de concentrer ses principaux efforts sur la conduite d’actions offensives dans le secteur de Bakhmout », a ainsi signalé en fin d’après-midi l’état-major de l’armée ukrainienne. 

Les Russes avaient peu auparavant revendiqué la prise de trois villages près de cette cité qui comptait 70 000 habitants avant la guerre et qui est aujourd’hui en grande partie détruite. 

Cette bataille a pris une importance d’autant plus symbolique pour Moscou que la conquête de Bakhmout, avec l’appui du groupe paramilitaire Wagner, arriverait après une série d’humiliantes défaites, avec les retraites de Kharkiv (nord-est) en septembre et de Kherson (sud) en novembre. 

Un employé de l’ambassade d’Ukraine à Madrid a par ailleurs été légèrement blessé mercredi par l’explosion d’une lettre piégée destinée à l’ambassadeur, amenant Kyiv à ordonner un renforcement de la sécurité dans toutes ses représentations diplomatiques. 

« Un tribunal spécial » 
« Tout en continuant à soutenir la Cour pénale internationale (CPI, dont le siège est à La Haye), nous proposons de mettre en place un tribunal spécial soutenu par les Nations unies pour enquêter et poursuivre en justice les crimes d’agression de la Russie » contre l’Ukraine, a déclaré la présidente de l’exécutif européen Ursula von der Leyen, dans une vidéo diffusée mercredi sur Twitter. 

Une proposition qui doit être présentée aux États membres pour être discutée.   

La création d’un tel tribunal a été réclamée à plusieurs reprises par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ainsi que par les pays baltes. 

« C’est exactement ce que nous proposions depuis longtemps », s’est félicité le chef de cabinet de la présidence ukrainienne, Andriï Iermak. 

La CPI n’est compétente que pour les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité perpétrés en Ukraine et non pour les « crimes d’agression » de la Russie, car Moscou n’est pas signataire du traité de Rome instituant la Cour. 

Celle-ci ne pourrait pas juger le président russe Vladimir Poutine, son premier ministre et son ministre des Affaires étrangères, qui bénéficient d’une immunité de poursuites pendant leur mandat, note la Commission. « Un tribunal ad hoc compétent pour les crimes d’agression permettrait de poursuivre en justice les plus hauts dirigeants russes qui autrement jouiraient d’une immunité », poursuit-elle dans un document préliminaire. 

Les Pays-Bas, qui hébergent déjà la CPI à La Haye, ont fait part de leur disponibilité en vue d’accueillir un tribunal spécial. 

Mais pour mettre en place une telle juridiction, un large soutien international sera nécessaire, reconnaît la Commission. Si la proposition n’a aucune chance de passer au Conseil de sécurité de l’ONU en raison de l’opposition de la Russie, elle pourrait avoir plus d’écho à l’Assemblée générale. 

Des responsables de la Commission dit indiqué avoir eu de premiers contacts avec les États-Unis – qui ne font pas partie à la CPI – à ce propos, mais aucune indication n’a été donnée sur un éventuel soutien de Washington. 

Faire payer la Russie [...] 
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Agence France-Presse 
Anne-Laure Mondésert, 
La Presse, 30 novembre 2022

mercredi 30 novembre 2022

Jour 270 - Un appel à l’Occident pour accélérer les livraisons d’armes



L'urgence de s’armer
"La dernière fois, j'avais dit trois mots : des armes, des armes, des armes. Cette fois, j'ai trois autres mots : plus vite, plus vite et plus vite", a lancé mardi 29 novembre le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, peu avant une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg. L'Ukraine a appelé mardi les pays membres de l'Otan réunis à Bucarest à accélérer la livraison d'armes et d'équipements électriques afin d'aider le pays à faire face aux dommages causés à son infrastructure énergétique par les bombardements russes. Les besoins ukrainiens les plus pressants ? Des générateurs et des missiles Patriot de défense aérienne, a-t-il martelé.  Le président Zelensky a décrit comme "difficile, la situation sur le front". "En dépit d'énormes pertes, les occupants tentent toujours d'avancer dans la région de Donetsk, de prendre pied dans la région de Lougansk et ils planifient quelque chose dans le sud", a-t-il dit mardi soir dans son adresse quotidienne à la nation. "Mais l'Ukraine résistera", a-t-il assuré. 

Nouvelle cargaison française
L'Ukraine a par ailleurs annoncé avoir reçu des lance-roquettes unitaires (LRU), l'équivalent français des Himars américains, pour renforcer son arsenal militaire face à la Russie, après plus de neuf mois d'invasion des troupes de Moscou. "Arrivée de LRU ! L'armée https://www.tf1info.fr/international/guerre-ukraine-russie-demande-d-armes-plus-vite-nouvelles-aides-en-chemin-le-point-sur-la-situation-aujourd-hui-mercredi-30-novembre-2022-2240290.htmlukrainienne est maintenant plus forte", s'est félicité sur Twitter le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiï Reznikov. Le ministre n'a pas précisé combien de LRU avaient été livrés, mais son homologue français, Sébastien Lecornu, avait indiqué le 19 novembre au Journal du Dimanche que la France allait envoyer "deux LRU pour la frappe terrestre en profondeur" à l'Ukraine. Le LRU a une portée d'"environ 70 km" et peut toucher sa cible avec une précision "à moins d'un mètre", selon une description sur le site du ministère français de la Défense. 

La guerre par le froid 
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TF1 info
 Le 30 novembre 2022

mardi 29 novembre 2022

Jour 279 - Une aide d’urgence pour protéger l’infrastructure énergétique ukrainienne


Les États-Unis devraient annoncer mardi une aide financière « substantielle » à l’Ukraine pour l’aider à faire face aux dommages causés par la Russie sur ces infrastructures énergétiques, en marge d’une réunion de l’OTAN en Roumanie, ont indiqué lundi des hauts responsables américains. 

Cette aide, qui sera détaillée par le secrétaire d’État américain Antony Blinken, arrivé lundi soir à Bucarest, « sera substantielle et ce n’est pas fini », a indiqué à des journalistes l’un des hauts responsables s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, en se refusant à donner de plus amples détails ou le montant précis. Il a toutefois rappelé que l’administration Biden avait budgété 1,1 milliard $US pour l’énergie en Ukraine et en Moldavie. 

Elle s’inscrit dans la perspective d’une conférence internationale des bailleurs de fonds en « soutien à la résistance civile ukrainienne », qui se tiendra le 13 décembre en France, a-t-il souligné. 

La Russie s’est engagée début octobre dans une campagne de frappes de missiles massives visant l’infrastructure énergétique à travers l’Ukraine. Selon des chiffres cités par le gouvernement ukrainien, entre 25 à 30 % de cette infrastructure a été endommagée. 

« Ce que font les Russes c’est de cibler spécifiquement des stations de transformation à haut voltage » et pas seulement les centrales électriques elles-mêmes, afin de perturber toute la chaîne de la production à la distribution, a expliqué le responsable américain. 

Réunion de l’OTAN à Bucarest 
Les ministres des Affaires étrangères de l’OTAN se réunissent mardi et mercredi dans la capitale roumaine où il sera fortement question du soutien de l’Alliance atlantique à l’Ukraine depuis l’invasion russe du 24 février. 

L’Allemagne, qui préside le G7, a pour sa part convoqué mardi après-midi une réunion en marge de l’OTAN sur la crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine, au cours de laquelle les États-Unis appelleront les autres pays à renforcer leur aide dans ce domaine, selon le diplomate américain. 

Ce sera l’occasion aussi de souligner la « cohésion et l’unité remarquables » de l’Alliance atlantique depuis le début de la guerre en Ukraine, a affirmé à des journalistes lundi Karen Donfried, sous-secrétaire d’État aux Affaires européennes. 

La Roumanie, ainsi que la Moldavie voisine, a été durement impactée par la guerre et quelque 2 millions de personnes y ont transité en fuyant l’Ukraine. Bucarest accueille à ce jour près de 80 000 réfugiés, selon des chiffres cités par Washington. 

Outre la guerre en Ukraine, les ministres de l’OTAN feront un point d’étape sur l’adhésion de la Finlande et de la Suède, déjà ratifiée par 28 des 30 pays membres mais qui reste suspendue au feu vert de la Turquie et de la Hongrie, et ils discuteront de la menace croissante posée par la Chine. 

Cette discussion, lancée lors du sommet de l’OTAN en juin dernier à Madrid, autour du géant asiatique « ne veut pas dire que l’OTAN cherche à s’étendre à la Chine, mais cela reflète le défi posé par la Chine en Europe », a affirmé Mme Donfried citant en particulier le défi technologique. 

Article publié hier
Agence France Presse 
Le Devoir, 28 novembre 2022

lundi 28 novembre 2022

Jour 278 - Des signes indiquent que la Russie pourrait quitter Zaporijia


Des signes indiquent que les forces russes pourraient se préparer à quitter la centrale nucléaire de Zaporijia, dont elles se sont emparées en mars dernier, a déclaré dimanche le président de la compagnie nationale de production d’énergie nucléaire d’Ukraine. 

Un tel retrait constituerait un changement majeur dans la région partiellement occupée de Zaporijia, dans le sud-est du pays, où la ligne de front n'a pratiquement pas bougé depuis des mois. 

Les bombardements répétés autour de la centrale ont fait naître la crainte d'une catastrophe nucléaire. 

“Ces dernières semaines, nous avons effectivement reçu des informations sur des signes qui indiquent qu'ils [les Russes] se préparent peut-être à quitter la [centrale]”, a déclaré Petro Kotin, président d'Energoatom, à la télévision nationale. 

“Tout d'abord, il y a un très grand nombre d'informations dans les médias russes selon lesquelles il vaudrait la peine de quitter la [centrale] et peut-être d'en remettre le contrôle à l'Agence internationale de l'énergie atomique [AIEA]”, a-t-il ajouté en référence à l'organisme de surveillance nucléaire des Nations unies. 

“On a l'impression qu'ils font leurs valises et volent tout ce qu'ils peuvent.“
 
Depuis des mois, la Russie et l'Ukraine, qui a été le théâtre du pire accident nucléaire de l'histoire à Tchernobyl, en 1986, s'accusent mutuellement de bombarder la centrale de Zaporijia, qui ne produit plus d'énergie. 

Petro Kotin a précisé qu'il était trop tôt pour parler de départ : “Nous ne le voyons pas maintenant, mais ils se préparent [à partir].” 

“Tout le personnel [ukrainien] a l'interdiction de passer les postes de contrôle et de se rendre en territoire ukrainien [contrôlé].”

Le chef de l'AIEA a rencontré une délégation russe à Istanbul le 23 novembre pour discuter de la mise en place d'une zone de protection autour de la centrale, la plus grande d'Europe, afin d'éviter une catastrophe nucléaire. 

Zaporijia fournissait environ un cinquième de l'électricité ukrainienne. 

Article publié sur le site de Radio-Canada

Reuters, 
Radio-Canada, 27 novembre 2022

dimanche 27 novembre 2022

Jour 277 - Les promesses de soutien s’accumulent au 90ème anniversaire de l’Holodomor


(Kyiv) L’Ukraine engrangeait les promesses de soutien face à Moscou samedi, au 90e anniversaire de l’Holodomor, la famine provoquée volontairement par le régime stalinien dans les années 1930, qui a acquis une nouvelle résonance depuis l’invasion russe. 

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a assuré que son peuple tiendrait bon face aux attaques russes, qui provoquent régulièrement des coupures massives d’électricité et d’eau alors que les températures hivernales s’installent. 

« Les Ukrainiens ont vécu des choses vraiment terribles. Et malgré tout, ils ont conservé la capacité de ne pas se soumettre et leur amour de la liberté. Autrefois, ils voulaient nous détruire par la faim, aujourd’hui par l’obscurité et le froid », a déclaré M. Zelensky dans une vidéo publiée sur Telegram.« Nous ne pouvons pas être brisés », a-t-il lancé. 

Plusieurs dirigeants européens ont fait le déplacement samedi à Kyiv pour les commémorations de l’Holodomor, que l’Ukraine considère comme un « génocide ». 

Les premiers ministres de la Pologne et de la Lituanie, deux des plus proches soutiens de l’Ukraine, Mateusz Morawiecki et Ingrida Simonyte, se sont ainsi entretenus avec leur homologue Denis Chmygal. 

Les trois responsables ont publié un communiqué commun à l’issue de cette rencontre soulignant la poursuite de leur soutien à l’Ukraine et dénonçant les actes de la Russie. 

« Aux côtés du peuple ukrainien » 
Le premier ministre belge Alexander De Croo s’est lui aussi rendu en visite à Kyiv, sa première depuis le début de l’invasion russe.   

Selon l’agence Belga, il apporte un soutien financier supplémentaire de 37,4 millions d’euros pour l’Ukraine, notamment pour aider la population à faire face à l’hiver dans un contexte de coupures de courant. 

[...] Après les violents bombardements de ces derniers jours, nous sommes aux côtés du peuple ukrainien. Plus que jamais auparavant », a-t-il indiqué sur Twitter. 

Le chancelier allemand Olaf Scholz a lui annoncé dans une vidéo une aide supplémentaire de 15 millions d’euros pour soutenir les exportations de céréales ukrainiennes, perturbées par la guerre. 

Le président français Emmanuel Macron a également promis 6 millions d’euros supplémentaires pour ces exportations, vitales pour l’approvisionnement de nombreux pays d’Afrique et d’Asie. 

« Nous avons choisi d’agir en solidarité avec les pays les plus vulnérables. La Russie, quant à elle, continue d’instrumentaliser la faim comme moyen de pression et l’alimentation comme arme de guerre », a-t-il indiqué dans un message. 

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a elle aussi promis le soutien de l’UE, accusant la Russie de « se servir de la nourriture comme d’une arme ». 

Le Parlement allemand a pris la décision vendredi de définir comme « génocide » l’Holodomor, qui a provoqué la mort de plusieurs millions d’Ukrainiens en 1932 et 1933 sur fond de collectivisation des terres. 

« L’Histoire se répète » [...] 
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 Ania Tsoukanova Agence France-Presse La Presse, 26 novembre 2022

samedi 26 novembre 2022

Jour 276 - Face aux mères des soldats russes, Poutine assure partager leur «douleur»


(Moscou) Le président russe Vladimir Poutine a assuré vendredi partager la « douleur » des mères de soldats russes tués en Ukraine, dont les appels inondent depuis des semaines l’internet russophone pour exiger le respect des promesses du Kremlin. 

« Je veux que vous sachiez que moi, personnellement, tous les dirigeants du pays, nous partageons cette douleur. Nous savons que rien ne peut remplacer la perte d’un fils », a lancé M. Poutine dans un court discours diffusé à la télévision, lors d’une réunion avec des mères de soldats et mobilisés russes. 

Il a pour autant appelé à ne pas croire les « mensonges » diffusés à la télévision et sur l’internet sur l’offensive russe en Ukraine, alors que les revers militaires, et donc les pertes, se sont multipliés pour Moscou ces derniers mois. 

Il s’agissait de la première rencontre entre Vladimir Poutine et des mères de militaires envoyés en Ukraine. Des voix critiques ont toutefois dénoncé une réunion soigneusement chorégraphiée, sans discussion sur le fond. 

Le Kremlin, après avoir ordonné une mobilisation partielle en septembre, avait assuré que les centaines de milliers d’enrôlés suivraient un entraînement solide, recevraient un bon équipement et ne seraient pas envoyés en première ligne. 

Mais de nombreuses violations ont été recensées : mort au front de mobilisés ; mobilisation d’hommes inaptes, de pères de familles nombreuses ou trop âgés ; absence d’équipement adéquat et de formation militaire pour nombre d’appelés. 

Cette mobilisation désordonnée, qui a poussé le pouvoir à admettre des « erreurs », a répandu l’inquiétude parmi les proches des soldats envoyés en Ukraine. 

Cette inquiétude, qui risque de dégénérer en grogne, place le Kremlin dans une situation délicate : si les autorités répriment de façon implacable toute remise en cause de l’offensive en Ukraine, la parole des femmes de soldats est sacrée et les emprisonner choquerait en Russie. 

 « Vladimir, réponds-nous ! » 
Avant la réunion de vendredi, des proches de militaires avaient confié à l’AFP ressentir un manque d’écoute de la part des autorités russes. 

Olga Tsoukanova, mère d’un jeune homme qui fait son service militaire, fustigeait ainsi à l’avance une rencontre avec « des mères sorties de sa manche, qui vont poser les questions adéquates et le remercier, comme à chaque fois ». 

« Vladimir Vladimirovitch, réponds à nos questions ! », lance cette femme qui veut s’assurer que son fils de 20 ans ne sera pas envoyé illégalement au front. 

Elle est venue spécialement à Moscou depuis la ville de Samara, à 900 km à l’est, dans l’espoir d’être reçue au Kremlin. En vain. « J’imagine qu’ils ont peur qu’on pose des questions embarrassantes. Mais il faut régler le problème ! » 

Le président russe sait combien le sujet des proches de soldats est sensible. En août 2000, lors du naufrage du sous-marin russe Koursk qui a causé la mort de ses 118 membres d’équipage, il avait été vivement critiqué, accusé d’avoir tardé à réagir. Et lors des deux guerres de Tchétchénie, un mouvement de mères de soldats avait aussi embarrassé le pouvoir. 

Cette fois, face à un climat de répression accru, les protestations de femmes et de mères de soldats ne remettent pas frontalement en cause l’offensive en Ukraine, mais certaines dénoncent les conditions dans lesquelles leurs proches y sont envoyés. 

Et leur statut de mères et d’épouses d’hommes mobilisés, partis servir la patrie, leur donne une légitimité et une forme de protection face aux persécutions. 

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Romain Colas 
Agence France-Presse 
La Presse, 25 novembre 2022

vendredi 25 novembre 2022

Jour 275 - La Russie frappe les civils de Kherson, récemment libérée

Photo prise dans un reportage télévisé du Journal de 20 heures le 24 novembre 2022


Au moins quatre personnes ont été tuées et dix blessées jeudi dans un bombardement russe sur la ville de Kherson, d’où les troupes de Moscou se sont retirées il y a deux semaines, alors que l’Ukraine, et notamment sa capitale, Kiev, était largement privée d’électricité et d’eau jeudi, au lendemain de nouvelles frappes russes massives qui ont précisément visé les infrastructures énergétiques. 

Selon le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, une quinzaine de régions éprouvaient des problèmes avec l’approvisionnement en eau et en courant. « La situation pour ce qui est de l’électricité reste difficile dans presque toutes les régions. Cependant, nous nous éloignons progressivement des coupures, et chaque heure nous rebranchons l’électricité pour de nouveaux consommateurs », a-t-il dit. 

À Kiev, frappée par une pluie glaciale qui tombait sur la neige et des températures proches de zéro, environ 70 % de la population restait privée d’électricité, mais l’approvisionnement en eau avait été rétabli, selon la mairie. 

De son côté, le ministère russe de la Défense a affirmé que les bombardements russes n’avaient pas pris pour cible la capitale, accusant la défense antiaérienne ukrainienne d’avoir été responsable des dommages à Kiev. 

Le reste de l’Ukraine était également largement affecté par les coupures, mais le rebranchement des infrastructures critiques au réseau se poursuivait graduellement. 

À Kharkiv, la deuxième ville du pays, non loin de la frontière avec la Russie, l’approvisionnement a été rétabli après un travail « très difficile », a dit son maire, Igor Terekhov. 

Les bombardements russes se poursuivaient également, faisant quatre morts et dix blessés à Kherson et six morts. « Les envahisseurs russes ont ouvert le feu sur un quartier d'habitations à l'aide de lance-roquettes multiples. Un grand immeuble a pris feu », a indiqué sur Telegram Iarovslav Ianouchevitch, à la tête de l’administration militaire de Kherson. On comptait aussi trente blessés à Vychgorod, près de Kiev. 

« Nous avons résisté à neuf mois de guerre totale et la Russie n’a pas trouvé le moyen de nous briser. Et elle ne le fera pas. Nous devons continuer à tenir bon », a déclaré M. Zelensky dans son discours du soir. 

« Faire souffrir » 
« Ce ciblage systématique de la population à l’approche de l’hiver traduit une volonté claire de la Russie de faire souffrir le peuple ukrainien, de le priver d’eau, de chauffage et d’électricité pour saper sa résilience », a déclaré la diplomatie française. « Ces actes constituent à l’évidence des crimes de guerre. » 

Intervenant par visioconférence devant le Conseil de sécurité de l’ONU, M. Zelensky a dénoncé mercredi un « crime contre l’humanité ». 

Trois centrales nucléaires sous contrôle de Kiev ont pu être reconnectées et devaient dans la soirée de nouveau alimenter les foyers privés de courant. 

Selon le ministère de l’Énergie, ces bombardements ont laissé mercredi sans électricité « la grande majorité des consommateurs » en Ukraine, qui comptait environ 40 millions d’habitants avant le début de l’invasion russe, le 24 février. 

La Russie a tiré mercredi environ 70 missiles de croisière sur ce pays, dont 51 ont été abattus, selon Kiev. Ces frappes ont visé des infrastructures énergétiques clés, déjà endommagées par plusieurs vagues de bombardements de ce type. 

Au total, « huit installations énergétiques » ont été touchées, a dit le procureur général ukrainien, Andriï Kostine, ajoutant que 10 personnes avaient été tuées et 50 autres blessées. 

Le renseignement militaire ukrainien a estimé jeudi que la Russie avait « besoin d’environ une semaine » pour préparer de nouvelles frappes massives. 

Sur le front, les coupures de courant se faisaient aussi sentir, obligeant les hôpitaux à travailler avec des générateurs de secours, tandis que les combats se poursuivent dans l’est du pays. 

Varsovie propose le Patriot [...] 
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Ania Tsoukanova et David Stout 
Agence France-Presse 
Le Devoir, 25 novembre 2022