Extrait de la chronique de Pierre Foglia publiée dans La Presse, le 18 octobre 2014
En écho à une récente chronique (Des photos pour mourir), ce mot d’une lectrice…
« Je vous parle d’un de mes patients.
J’ai été son médecin pour les dernières semaines
de sa vie à l’unité des soins palliatifs
à l’hôpital Notre-Dame-de-la-Merci.
Il avait demandé qu’on fixe au mur une photo
qu’il avait prise l’an passé.
La photo montrait des arbres bordant une rivière.
C’était dans la région de Lambton, si je me souviens bien.
Comme je m’étonnais de l’extraordinaire
lumière qui s’en dégageait,
il m’a dit d’une voix faible :
“J’ai attendu quatre heures pour saisir le moment
où elle rendait le mieux la beauté des arbres et de la rivière.”
En sortant de sa chambre, je me suis dit
qu’il avait choisi un bien beau carrefour – l’espace, le temps –
où fixer sa finitude. »