mardi 31 décembre 2013

Le proverbe du jour






« On reconnaît un oiseau en écoutant son chant,
on reconnaît un homme en écoutant ce qu'il dit. »

Proverbe chinois


lundi 30 décembre 2013

La pensée du matin




« On a beau avoir une santé de fer,
on finit toujours par rouiller. »

Jacques Prévert

dimanche 29 décembre 2013

Le sourire du dimanche





« Il faut savoir joindre l’agréable à l’agréable
et se contenter de beaucoup. »

Jean-Claude Carrière

samedi 28 décembre 2013

Le clin d'oeil du chat (10)



Il y a des cadeaux qui sont plus réussis que d’autres, ce sont ceux qui font plusieurs heureux en même temps. La mangeoire pour oiseaux est de ceux-là. Dès le lendemain de son installation, les mésanges sont apparues, vives et curieuses. Une sittelle a suivi, puis un geai bleu et jusqu’à monsieur cardinal dans sa livrée rouge qui est venu inspecter les lieux. Je ne peux que remercier l’homme de la maison d’avoir eu cette brillante idée qui fait le bonheur de tant d’êtres vivants. 








vendredi 27 décembre 2013

Grandes Québécoises de 2013




Un plein panier de médailles d’or
Chronique de Lise Payette publiée dans Le Devoir le 27 décembre 2013

2013, vue de ma fenêtre, n’a pas été une année inoubliable. Mais elle achève. Il nous reste à nous taper le Bye Bye et à prendre une grande respiration en souhaitant que l’année 2014 nous apporte autre chose que des mauvaises nouvelles et du désenchantement. Je nous le souhaite vraiment du fond du coeur. À ceux qui sont pour, à ceux qui sont contre, à ceux qui s’en foutent, à ceux qui en rêvent. Pas de discrimination. Il y en a pour tout le monde de bonne volonté.

J’ai un plein panier de médailles d’or à remettre. Je les remets à des femmes parce que j’estime qu’elles ont donné un peu d’élévation à une année qui en manquait beaucoup.

Je donne la première à Mylène Paquette, cette merveilleuse audacieuse folle qui a traversé l’Atlantique à la rame. Non seulement a-t-elle réussi ce défi que beaucoup jugeaient de la pure folie, mais elle a aussi fait disparaître à tout jamais l’expression : une fille ne serait pas capable… Chapeau Mylène. Quelle belle aventure !

La deuxième ira à Pauline Marois, une femme qui impressionne par sa capacité de travail, sa disponibilité, sa préoccupation profonde pour le peuple qu’elle représente. Pour ma part, je l’avoue, quand je la vois sur le perron de l’Élysée à Paris, je sais qu’elle ne me fera jamais honte et qu’elle transporte le Québec dans son coeur partout où elle va. Certains regrettent qu’elle ne soit pas parfaite. Réjouissons-nous plutôt, car « parfaite et sans aucun défaut », elle serait sans doute détestable. Ça me rassure de savoir qu’elle est une femme comme les autres. Une femme que rien n’arrête.

La troisième médaille ira à Colette Roy-Laroche, qui est devenue en quelques minutes la femme qu’on voudrait comme amie, comme mère ou grand-mère, celle qui ne hausse jamais la voix et qui a une réserve inépuisable de bon sens. Elle a porté sa ville, ses citoyens, à bout de bras, faisant trembler même le premier ministre Harper sous son regard patient et sa détermination calme de reconstruire Lac-Mégantic. Une mairesse du tonnerre.

Je donnerai la quatrième médaille à Véronique Hivon, la ministre chargée du dossier de fin de vie dans la dignité, pour sa longue patience et sa capacité d’écoute de toutes les opinions qui auront été émises devant elle, pour sa sensibilité et son désir de ne bousculer personne. Un exemple en politique.

La cinquième sera remise à France Charbonneau, de la commission portant son nom, parce qu’il fallait quelqu’un comme elle à qui rien ne fait peur, que rien ne surprend de la nature humaine et qui a des yeux qui ont déjà tout vu et ne s’étonnent plus de rien. Une femme qui tiendra jusqu’au bout. Heureusement pour nous.

La sixième ira à Régine Laurent, présidente de la FIQ, parce que sans jamais se prendre pour une autre, elle guide un syndicat extrêmement important et que ses membres, si vous avez fréquenté un hôpital récemment, tiennent le système de santé du Québec à bout de bras. Quand elle parle de l’état actuel du service hospitalier, il vaudrait mieux l’écouter.

Je remets ma septième médaille à Martine Desjardins, l’ex-présidente de la FEUQ, l’une des trois leaders de la révolte des carrés rouges. Je prophétise en disant que cette jeune femme va jouer un grand rôle dans l’avenir du Québec. Elle a certainement tout ce qu’il faut pour être digne d’une place de choix.

Je destine la huitième à Marie-Nicole Lemieux, cette Québécoise qui est en train de conquérir le monde un peu dans notre dos. On se l’arrache partout parce que sa voix est l’une des plus belles au monde, et ici, on ne la connaît presque pas. Posez la question autour de vous. Vous verrez bien de quoi je parle.

La neuvième sera remise à Marie-Maude Denis de l’émission Enquête de Radio-Canada. Cette femme a de très mauvaises fréquentations, car elle tend son micro sans trembler aux plus grands corrompus de notre société. Avec Alain Gravel, elle a talonné tous les fameux clients de la commission Charbonneau. Sa devise pourrait être : « Les corrompus seront confondus. »

La dixième sera partagée en deux. Elles ont déjà été tellement adulées par le grand public qu’une médaille pour deux devrait leur convenir. Je l’offre donc à Julie Snyder et à Janette Bertrand, deux nouvelles féministes descendues dans la rue le 26 octobre dernier pour la première fois de leurs jeunes vies.

Bonne année 2014 à ceux et celles qui me lisent. Je vous trouve bien patients et je vous aime tous… même ceux et celles qui ne me le rendent pas.


jeudi 26 décembre 2013

Le sourire du jeudi





« Saint Martin a donné la moitié de son manteau à un pauvre :
comme ça ils ont eu froid tous les deux. »

Jacques Prévert

mercredi 25 décembre 2013

Le clin d'oeil du chat (9)




« Mes parents adoptifs ont mis beaucoup d’efforts cette année afin de multiplier les cadeaux de Noël, j’en ai compté dix-sept. Comme d’habitude, ils n’ont pas pensé à m’en offrir un seul. Ma mère était vraiment contente en déballant la jolie mangeoire que mon père lui a offerte. Ni l’un ni l’autre n’ont pensé que c’était pour moi le plus chouette des présents. Contrairement à ce qu'on dit généralement, ce n'est pas toujours l'intention qui compte...

Je vous souhaite d'aussi agréables surprises, Joyeux Noël à tous !»






« Chaque jour apporte ses cadeaux.
Il ne nous reste qu’à les déballer. »


Ann-Ruth Schabacker









mardi 24 décembre 2013

Le plus beau cadeau à offrir



En cette veille de Noël, combien serons-nous à dire « Je t’aime » ?
Je vous souhaite d’avoir ce courage,
cette innocence, cette dose d’inconscience et de joie !

Dire « Je t’aime»



Chronique de Alain Héril publié le 4 décembre 2013 dans Psychologies.com


« Aimer c’est prendre soin de la solitude de l’autre sans chercher à la combler. » Christian Bobin


Dire « je t’aime » est un engagement émotionnel. Beaucoup le disent à tort et à travers tout en étant déconnectés de leurs émotions profondes. Mais d’autres, se rendant compte de l’investissement que représentent ces mots, n’arrivent pas (ou plus) à les prononcer. Bien sûr de vieilles blessures du passé peuvent ressurgir et empêcher l’aveu, surtout lorsque l’on n’a pas eu l’habitude d’entendre ses parents les prononcer ! Et il faut bien se rendre compte également que nous arrivons au monde avec le besoin d’être aimé. Et que l’amour, dans le sens du don et du mouvement vers l’autre, vient plus tard. Il correspond à une maturité relationnelle qui s’acquiert avec le temps.

Mais à qui dit-on « je t’aime » ? A l’autre ? À soi-même ? À la relation ? Dans tous les cas il faut à la fois du courage, de l’innocence, une certaine dose d’inconscience et beaucoup de joie en soi pour dire à l’autre qu’on l’aime.
Lorsque toutes ces composantes font défaut on restreint sa parole, on reste dans la peur d’un engagement affectif, on se replie sur soi.

Mais l’amour est une possibilité de sortir de sa solitude, de la partager avec l’autre sans qu’elle soit totalement comblée (comme le dit si bien Christian Bobin). Et qu’on le veuille ou non, on ne peut pas aimer et le dire sans accepter d’être vulnérables !

lundi 23 décembre 2013

La citation du lundi




« Devenir adulte c'est reconnaître,
sans trop souffrir, que le Père Noël n'existe pas. »

Hubert Reeves

dimanche 22 décembre 2013

Entre deux averses de neige





« On voudrait avoir le courage des oiseaux en hiver. »

Françoise Lefèvre


samedi 21 décembre 2013

Le clin d'oeil du chat (8)




Il y a des jours où je préférerais être un humain. Pas seulement pour me nourrir d’autre chose que de croquettes, pas seulement pour ouvrir les portes sans aide, pas seulement pour jouer de la flûte afin que viennent se poser les oiseaux sur mes bras, ce que je ne sais pas encore faire, hélas !

Mais pour ouvrir de superbes enveloppes comme celles que reçoit ma mère adoptive, oui, je voudrais pouvoir me tenir sur deux jambes, m’exclamer «Ô que c’est  beau !»  en admirant l’incroyable habillement de la carte, toucher la douceur de l’enveloppe, les timbres choisis avec soin, les collants rigolos qui parsèment le verso. L’ouvrir délicatement en prenant soin de ne pas abîmer l'écrin ou l'oeuvre, puis découvrir les mots de velours qui embueraient mes yeux.








Cette amie de ma mère adoptive possède des provisions d’ingéniosité. J’attends avec une hâte joyeuse chaque anniversaire, chaque fin d’année, chacun des voyages qu’elle prépare. Quels mots aura-t-elle choisis pour parler de Chicago, de Copenhague, de Rome ou d’Istanbul, quelle image sublime recouvrira ses souhaits de bonne année ? Un plan de la ville? Un paysage qu’elle affectionne ? C’est chaque fois une  image inattendue que je contemple avec l’envie d’avoir une autre vie que la mienne.







Hier midi, son enveloppe de voeux de fin d’année était dans la boîte aux lettres. J’ai vu ma mère s’éponger discrètement les yeux après avoir lu les souhaits qu’elle apportait. Elle a laissé la carte sur la table dans le but que je la lise. Elle sait à quel point j’apprécie les envois de sa précieuse amie. Celle-ci avait écrit: «J'ai lu le billet de Messidor. J'espère que son ami laissera ce message se déposer en lui et qu'il en germera une réconciliation. Et l'apaisement de son chagrin. (...) J'espère que l'année sera belle et que tu continueras à l'embellir avec des citations choisies, des billets, des paysages uniques. Je te souhaite de la tranquillité soyeuse, des ciels étoilés de bonnes idées, de la douceur ronronnante, chatoyante. »


»




J’étais touché, elle avait donc pensé à moi... Mais il y avait une carte plus petite sous la belle enveloppe enneigée. Et avec quel étonnement j’ai vu qu’elle m’était adressée, mon nom était dessus, écrit à l’encre noire. Un des amis de ma mère adoptive avait inscrit Messidor sur l’enveloppe.

Avec quelle fierté je l’ai ouverte pour trouver les vœux de toute sa famille.




J'ai épongé mes yeux, moi aussi. Je ne nommerai pas ces deux êtres d’exception que je remercie du fond du coeur,  ils se reconnaîtront. 

Pour la nouvelle année qui approche très vite, je vais apprendre à jouer de la flûte pour que viennent se poser les oiseaux sur mes bras. Et pour que s'ouvrent les yeux de tous sur la beauté du monde !

vendredi 20 décembre 2013

Une marque d'affection traduite par les sens




Sentir Noël
Et on va y arriver en même temps que tout le monde
Chronique de Josée Blanchette publiée dans Le Devoir le 20/12/13

« La vie se partage entre ceux qui aiment Noël et ceux qui honnissent son nom. Je sympathise avec les uns et les autres. Les grincheux le fuient car, d’évidence, Noël exige trop. Il faut réussir à caser la cascade de bons sentiments et de lourdes étrennes entre deux bordées de neige ; des épreuves dignes des JO de l’organisation.

Je comprends aussi ceux qui l’aiment parce que Noël est une épiphanie dans notre train-train trop rapide, une trêve bienvenue où l’on fait abstraction de tout le reste pour mettre de l’avant la joie, l’amour, la fraternité et le plaisir de partager des odeurs familières. Noël est un idéal de perfection qu’on tente d’atteindre une fois par année en pardonnant le reste, en imposant des parenthèses au temps et aux rancunes. Si les reliquats de la religion servent encore à ça, merci au p’tit Jésus.

Je pourrais vous déballer tout ce que je déteste de Noël, surtout cette année : j’ai regardé les cannes en sucre avec une moue découragée, submergée par la fatigue et la bronchite.

Le sapin baumier n’est toujours pas décoré, ça attendra à demain. Mais il y a deux choses sur lesquelles je ne transigerai pas : l’odeur (celle de l’arbre naturel aussi) et la musique. Elles sont de mèche pour faire ressurgir les souvenirs de jours meilleurs.

Il y a ceux qui ont le Noël visuel ou matériel, moi, je l’ai olfactif et auditif. Je ne connais pas de moment plus joyeux que celui de rouler ma pâte à tourtière en écoutant Auld Lang Syne chanté par Andrew Bird ou Blue Christmas par les Heartless Bastards. « And when those blue snowflakes start falling. That’s when those blue memories start calling. » J’ai beau être végétarienne la plupart du temps, quand vient Noël, l’odeur des pois chiches ne peut rivaliser avec celle du porc et du chevreuil. Et celle du chapon grillé remonte à la genèse, avant l’oeuf ou la poule, inimitable. J’ai essayé avec le tofu, la peau n’est jamais aussi croustillante.

Chaque mois de décembre, je ressors la recette de tourtière de ma grand-mère Deleine et je retire mes alliances toutes enfarinées avant de malaxer la pâte, comme le faisait ma grand-mère Alvine. Je l’entends m’exhorter : « Faut presque pas y toucher, pis ajoute pas trop d’eau ! » Jésus-Marie-Joseph (comme elle disait), ça sent Noël et le saindoux à pleines mains.

Des nouvelles d’eux

Il y a Louise qui vient de m’écrire qu’elle voudrait me faire goûter à sa confiture de citrouille, abricots, noix de Grenoble, vanille et liqueur de whisky à l’érable. Je la hume à distance et j’envie ses voisins. Il y a Suzanne qui m’envoie une photo d’elle et de sa gang de joueurs de bowling dans leur résidence de vieux, autour d’un gâteau aux amandes et orange qu’elle a cuisiné sur fond de sapin artificiel illuminé.

J’ai quasiment hâte d’y être. Il y a Julie qui est rentrée chez elle pour faire face à 72 bonshommes en pain d’épice (tout nus !) découpés par ses deux hommes (enfarinés). Il y a Francine qui prépare ses pizzelles à l’anis et moi qui attends le 23 pour enfourner les biscottis au chocolat et pistaches de di Stasio.

L’odeur se répandra dans la maisonnée comme celle du feu de bois et tout le monde sera plus heureux sans avoir besoin de s’expliquer pourquoi. Le bonheur s’accommode de cette économie de mots. On le sent, c’est bien suffisant. Dans nos multiples listes de choses à faire, on oublie toujours d’ajouter une ligne pour le bonheur, tout en l’espérant à chaque détour.

Une fournée à la fois, nous nous réfugierons dans le giron rassurant des odeurs cent fois reniflées, les canneberges à l’orange et à la menthe, le gratin dauphinois à la courge, le potage aux épinards et cari, le préféré de mon B. Les pets-de-soeur au caramel à la fleur de sel me rappelleront ceux qu’Alvine faisait avec de la simple cassonade.

Chaque année, nous nous demandons comment simplifier Noël, de quelle façon en raviver l’essence tout en jetant le superflu. Chaque année, nous n’y arrivons pas vraiment mais nous conservons ces odeurs familières qui nous envahissent avec ou sans notre consentement, ces arômes ensorceleurs qui disent bien l’amour qu’on assemble, ensemble.

Je sais que Noël pourrait se résumer à cela et ce serait déjà d’un luxe inouï. Sapin et oranges piquées de clous de girofle. Cocooning, qu’ils disent. Moi, je pense cuisining : biscuits, tourtières, gaufres, chaï (je le prépare avec de la cardamome, de la coriandre, du poivre et de la cannelle en bâton, trois sachets de thé Lipton et du gingembre frais).

« Est-ce qu’il y aura une bûche quétaine avec un père Noël dans son traîneau, maman ? » Ah oui ! Et la bûche pour nous rappeler nos arrière-grands-pères bûcherons. Et je roulerai délicatement le gâteau dans un linge humide en chantant Here Comes Santa Claus avec Doris Day ou Baby It’s Cold Outside avec John Travolta et Olivia Newton-John. Oui, la cuisinière a tous les droits.

En une bouffée

Si Noël pouvait se vendre en eau de toilette ou en vaporisateur, j’en achèterais. Je rêve d’un mélange digne du maître parfumeur Jean-Baptiste Grenouille dans le roman Le parfum. On y trouverait probablement de la cannelle, du bout de chandelle, de la suie de cheminée, de la gomme de sapin, de la canne à sucre, de l’écorce de clémentine, de l’excitation, de la barbe à papa, du lait suri au coin du feu, de la miette de biscuit, du désir d’y croire encore, des bulles de champagne, de la neige fraîche, du cantique, du soupir d’enfant qui s’endort, une larme de vieux dont c’est le dernier Noël et du pyjama neuf.

Malgré les apparences, Noël n’est pas une marque de commerce. C’est une marque d’affection qui se transmet par les sens.

Joyeux Noël à vous tous et Joyeuses Fêtes aux autres.
 (…)
JOBLOG

Le seul cadeau qui compte

À Éva qui a le bras dans le plâtre, à Sam qui a mal au ventre, à Katia qui a un cancer des ovaires, à Jean-Guy qui ne sait s’il verra 2014, à Armande qui ne peut plus marcher, à Mathieu qui est en dépression, à Claude qui a tout oublié, à Hugo dont la maman n’a pu assister à son spectacle de Noël, une pensée toute spéciale en ce Noël chargé. Je vous souhaite à tous le seul cadeau qui compte : la santé. Quand on l’a perdue, on sait à quel point elle est précieuse. Quand on la retrouve, on oublie qu’elle peut encore nous quitter. De toutes les leçons de vie et de solitude, la maladie est la plus cruelle et la plus efficace. C’est peut-être pourquoi nous sommes si généreux lorsque vient le temps de partager nos microbes…»



cherejoblo@ledevoir.com
Twitter.com : @cherejoblo

Pour lire l’article au complet

jeudi 19 décembre 2013

La pensée (réconfortante) du jour




« Dans un univers passablement absurde,
il y a quelque chose qui n'est pas absurde,
c'est ce que l'on peut faire pour les autres. »

André Malraux

mercredi 18 décembre 2013

Bonheur de lecture





« Chacun, même le plus perdu des hommes, a dans son âme une chaumière, avec une clochette à l'entrée. Le vent parfois la fait bouger. »

Christian Bobin

mardi 17 décembre 2013

La citation (souriante !) du mardi




« La vie m'aura servi de leçon.
Je ne recommencerai pas. »

Frédéric Dard

lundi 16 décembre 2013

Le sourire du lundi




« Chacun de nous est une lune,
avec une face cachée que personne ne voit. »

Mark Twain

dimanche 15 décembre 2013

La pensée du dimanche




« Quand il neige à plein temps,
c’est comme du silence qui tombe. »

Félix Leclerc

samedi 14 décembre 2013

Le clin d'oeil du chat (7)




Cher Père Noël,

Je sais bien que vous n’existez pas mais je vous écris quand même. Parce que, sachant que tous les enfants qui vous envoient des lettres reçoivent des réponses, je me suis dit que j’aurais plus de chance avec vous qu’avec Dieu. Lui, c’est encore pire : non seulement il n’existe pas, mais il ne répond jamais à son courrier. Remarquez, je ne lui ai jamais écrit, mes parents adoptifs se seraient moqués de moi. Mais si Dieu avait pris le temps de répondre à ceux qui lui écrivent, lui ou quelques-uns des saints qui sont à son service, ça se saurait, n’est-ce pas ?

Mes parents adoptifs ont préféré me dire la vérité dès mon plus jeune âge. Ils tenaient à ce que je sois averti le plus tôt possible que j’aurais tort de croire tout ce qu’on raconte à leur sujet. Je ne peux que remercier mes parents de m’avoir évité une cruelle désillusion lorsque j’aurais appris que les hommes ont inventé Dieu pour se croire moins stupides et qu’ils vous ont inventé, vous, pour faire prospérer une multinationale. Remarquez, je n’ai rien contre le Coca-Cola, je n’y ai jamais goûté.

Vous devez être débordé en ce moment avec tous ces enfants qui attendent de recevoir des jouets ou des friandises, parfois de bons repas, un geste de tendresse, parfois un toit au-dessus de leur tête, parfois une meilleure santé, parfois le silence que procure un coin à l’ombre des bombes et des fusils, parfois juste un bon lit pour dormir ou une couverture pour avoir moins froid.

Je vous en prie, répondez-leur en premier, mes désirs sont moins pressants. Certes, j’aimerais bien manger des croquettes de saumon de temps en temps, avoir un nouveau chien en peluche pour remplacer celui du Dollarama à qui j’ai fait un sort en le mordant, mais ce n’est pas ce genre de besoin que j’ai à combler. Ce que je veux, vous ne pouvez pas me l’offrir, mais peut-être voudrez-vous m’aider même si je ne suis pas un enfant…

J’ai un ami, Ti-Guy, qui ne veut plus rien savoir de moi. Nous étions très proches, nous voyant tous les jours, toujours à nous balader ensemble. Hélas, notre amitié est désormais dans une impasse ! C’est ma faute, c’est moi qui ai commencé, je m’étais mis en colère contre lui, j’ai eu des mots injustes à son endroit. Il faut croire qu’ils avaient un fond de vérité car mes mots l’ont mis à son tour en beau joual vert. C’est pourtant un chat très doux, j’ai dû toucher de vieilles blessures non refermées, je ne le pensais pas aussi susceptible. Et maintenant, je regrette d’avoir appris à écrire.

Bien entendu, je me suis excusé ensuite, je lui ai dit des mots contraires à ceux que j’avais proférés, mais ils n’ont fait que raviver sa colère. Dans son dernier message, mon ami s’est montré confus, il a commencé par écrire qu’il me pardonnait, puis il s’est remis à m’invectiver disant que je lui avais volé son bonheur. Comme si j’avais ce pouvoir de lui ravir un bien aussi intime et aussi précieux que le bonheur. Il y avait plusieurs autres erreurs d’interprétation dans son message, je ne les ai pas corrigées, je n’y ai pas répondu, je ne le ferai pas de crainte d’envenimer la situation. Je suis attristé que mes mots aient eu autant d’effet sur lui, je n’arrive pas à m’expliquer qu’un chat aussi évolué puisse leur accorder plus d’importance que tous les autres, si aimables et tellement plus nombreux, qui nous avaient rendus complices.

Ma mère a tenté de me rassurer, me disant de ne pas m’en faire, que si ses sentiments ont été sincères, Ti-Guy, avec le temps, prendra conscience de sa méprise et me pardonnera mon accès de colère. Elle est patiente ma mère, elle attend depuis cinq ans qu’un vieil ami soupe au lait la rappelle. Malheureusement, je ne peux pas attendre autant d’années, il ne m’en reste pas tellement à vivre, j’ai de vieilles articulations, j’ai des absences, je suis dur d’oreille.

Ce que j’attends de vous, je devrais dire de vos lutins puisque vous n’existez pas, c’est qu’ils prennent la peine d’écrire à Ti-Guy. Les lutins doivent avoir l’art de trouver les bons mots, ceux qui consolent, ceux qui réconfortent, ceux qui allègent ou détournent le chagrin, ceux qui creusent des fossettes dans les joues des enfants, ceux qui ramènent la joie de vivre dans les chaumières. Je sais qu’une simple lettre ne rétablira pas nos longues conversations téléphoniques, j’ai fait mon deuil de nos messages joyeux et de nos ronronnements amicaux, mais si vos mots pouvaient lui retirer son ressentiment, s’ils pouvaient l’apaiser et qu’il retrouve enfin son bonheur, je vous en serais infiniment reconnaissant.

Et je ne regretterais sans doute plus d’avoir appris à écrire.

Messidor

Pour en savoir davantage sur le Père Noël :




vendredi 13 décembre 2013

La citation du vendredi




« Je connais un moyen (au moins un)  de rendre l’hiver moins triste, 
c’est de lui donner des couleurs.»

Le chat Messidor

jeudi 12 décembre 2013

La pensée du jour






« La nuit dernière, j'ai eu un rêve magnifique, ne le manquez pas. »

Groucho Marx