samedi 7 janvier 2017

Anges de neige



Que les anges viennent 
En longues files, 
d’un pas tranquille, 
Dans leurs uniformes de neige. 

Emily Dickinson 
poétesse états-unienne 
1830-1886

vendredi 6 janvier 2017

Hiberner



Travaillons davantage l’été, 
et ainsi nous aurons tout l’hiver 
pour nous reposer, 
pour hiberner sous la couette, 
en remerciant le ciel 
de nous envoyer ce froid 
qui rend la maison si agréable. 
Faisons de l’hiver la saison morte, 
comme il se doit. 

Bernard Arcand 
anthropologue et auteur québécois 
1945-2009

jeudi 5 janvier 2017

La résolution de Cybèle



Je vais recommencer 
à faire de l’exercice 
dès que je serai en forme.


mercredi 4 janvier 2017

Sagesse épicurienne


Il n’est pas possible 
de vivre heureux 
sans être sage,
honnête et juste, 
ni sage honnête et juste 
sans être heureux. 

 Épicure 
 philosophe grec 
 341-270 av. J.-C.

mardi 3 janvier 2017

Des rêves à n’en plus finir...



« Je vous souhaite 
des rêves à n'en plus finir. 
Et l’envie furieuse 
d’en réaliser quelques-uns. 
Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer, 
et d’oublier ce qu’il faut oublier. 
Je vous souhaite des passions. 
Je vous souhaite des silences. 
Je vous souhaite des chants d’oiseaux 
au réveil, 
et des rires d’enfants. 
Je vous souhaite de respecter 
les différences des autres 
parce que le mérite et la valeur 
de chacun sont souvent à découvrir 
Je vous souhaite de résister à l’enlisement, 
à l’indifférence 
et aux vertus négatives de notre époque. 
Je vous souhaite enfin 
de ne jamais renoncer à la recherche, 
à l’aventure, 
à la vie, 
à l’amour, 
 car la vie est une magnifique aventure 
et nul de raisonnable 
ne doit y renoncer 
sans livrer une rude bataille. 
Je vous souhaite surtout d’être vous, 
fier de l’être et heureux, 
car le bonheur est notre destin véritable. »

Voeux de Jacques Brel
1er janvier 1968

Une amie a reçu hier ces voeux qu’elle m’a 
si aimablement transmis.
Merci à toutes deux pour ces souhaits de bonheur!

lundi 2 janvier 2017

Un seul devoir


Si j'avais à écrire ici 
un livre de morale, 
il aurait cent pages, 
et quatre-vingt-dix-neuf 
seraient blanches. 
Sur la dernière, 
j’écrirais: 
je ne connais qu’un seul devoir 
et c’est celui d’aimer. 

Albert Camus 
écrivain français
1913-1960

dimanche 1 janvier 2017

Éloge du rien


J’ai reçu cette nuit la plus belle lettre du monde. 
Elle contient un extrait d'un chapitre du livre* de Serge Bouchard intitulé Éloge de la platitude. J’en ai tiré la citation suivante qui convient si bien à ce premier jour de l’année. Et je n’ai pu m’empêcher de copier l’extrait au complet. Merci, précieuse amie !


Le moindre petit détail 
est apprécié à sa juste valeur, 
nul ne manque rien de rien 
quand le rien est son pain quotidien. 


Serge Bouchard 
anthropologue et écrivain québécois 
né en 1947

«Qui s’installe dans la tranquillité de son ennui et l’accepte volontiers comme un état souhaitable se place dans l’enviable position d’avoir à jouir de tout. Le moindre sera remarqué. Cela s’appelle l’essentiel. Celui ou celle qui cultive l’essentiel verra qu’il est plus facile de s’émouvoir quand notre sensibilité est entraînée dans le sens du plat de la routine. De la visite rare est toujours plus précieuse qu’un va-et-vient continu de fêtards. Le moindre petit détail est apprécié à sa juste valeur, nul ne manque rien de rien quand le rien est son pain quotidien.
Bref, nous traitons injustement l’ennui. Ne rien faire, n’avoir rien à faire, n’aller chez personne et n’attendre la visite de personne, autant de choses honnies, détestées sans que nous sachions vraiment pourquoi. Nous vivons dans un monde si excité que plus personne ne sait pourquoi il danse et après quoi il court. Je soutiens au contraire qu’il est heureux celui qui peut se permettre d’arrêter. Il faut du temps pour soi. Car ce qu’on appelle des creux, ce sont en réalité des calmes. Le calme plat a bien des avantages sous-estimés. Il permet le saint repos. Quand le navire de votre vie s’arrête sans que les voiles aient été baissées, sans que l’ancre ait été jetée, c’est que vous êtes arrivé en quelque havre inattendu, un havre de paix. Plutôt que de craindre l’ennui comme la peste bubonique, nous devrions faire honneur à ces calmes plats, à la platitude des heures bénies où il nous est enfin permis de respirer à l’aise. Le cœur a ses routines, nos poumons aussi. Respirer à l’aise veut dire respirer profondément et régulièrement. C’est toujours dans la tranquillité que l’on réalise le véritable vœu de la rencontre avec soi-même, la conversation tant recherchée de soi avec son âme.»

C’était au temps des mammouths laineux, Montréal, Boréal, coll. «Boréal Compact», 2013.