samedi 1 avril 2023

Jour 402 - Boutcha doit devenir un symbole de justice, affirme Zelensky


(Boutcha) Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est engagé vendredi à vaincre le « Mal russe » et promis un « nouveau Nuremberg » à l’occasion du premier anniversaire du retrait russe de Boutcha, ville martyre devenue un symbole criant « des atrocités » imputées aux troupes de Moscou en treize mois d’offensive meurtrière. 

De son côté, le président russe Vladimir Poutine a signé un décret validant une nouvelle doctrine de politique étrangère, qui selon son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov souligne « la nature existentielle des menaces » occidentales visant la Russie. 

Les violations des droits humains sont devenues « scandaleusement routinières » en Ukraine, a dénoncé depuis Genève le Haut-Commissaire des droits de l’homme, Volker Türk. 

Le président français Emmanuel Macron a été plus loin, accusant les dirigeants russes d’avoir « laissé faire, voire encouragé » les crimes de guerre qui ont été « systématisés » en Ukraine. 

« Nous ne pardonnerons jamais » 
« Nous ne pardonnerons jamais », a juré Volodymyr Zelensky à Boutcha. « Il y aura un nouveau Nuremberg », a-t-il encore dit dans une vidéo publiée dans la soirée, en référence à la ville allemande qui accueillit en 1945-46 les procès des dirigeants nazis. 

Le massacre de Boutcha n’était pas un cas isolé, mais « de la violence génocidaire systémique qui constitue le cœur des actions russes sur tous les territoires ukrainiens occupés », a accusé le président ukrainien.

« Nous devons tout entreprendre pour faire de Boutcha un symbole de justice », a-t-il lancé. « Nous voulons que chaque meurtrier, chaque bourreau, chaque terroriste russe soit tenu pour responsable de chaque crime contre notre peuple », a-t-il ajouté, devant les premiers ministres croate Andrej Plenkovic, slovaque Eduard Heger, slovène Robert Golob, et la présidente moldave Maia Sandu. 

« Nous allons gagner c’est certain, le Mal russe tombera, justement ici en Ukraine et ne pourra plus se relever », a-t-il martelé.

L’Ukraine évalue à plus de 1400 le nombre des civils morts dans le district de Boutcha pendant l’occupation russe, dont 37 enfants. Parmi eux, 637 ont été tués dans la ville-même. 

Le 31 mars 2022, l’armée russe se retirait de la région de Kyiv, un peu plus d’un mois après avoir lancé l’invasion du pays sur ordre du président Vladimir Poutine. Deux jours après le retrait, le massacre était connu. 

Des journalistes de l’AFP ont découvert à Boutcha le 2 avril des carcasses calcinées de véhicules, des maisons détruites et surtout, éparpillés sur plusieurs centaines de mètres, les cadavres de vingt hommes en civil, dont l’un avait les mains liées dans le dos.

Ces scènes ont choqué dans le monde entier, Kyiv et les Occidentaux dénonçant des exécutions sommaires de civils. Le Kremlin dément toute implication et parle d’une mise en scène.

Moscou a « encouragé » 
« L’agression russe a conduit à une systématisation des crimes de guerre contre l’Ukraine et contre sa population », a dit Emmanuel Macron dans un message vidéo diffusé à Boutcha. « Et loin de sanctionner ces crimes contraires à toutes les lois de la guerre, les dirigeants russes ont laissé faire, voire les ont encouragés, au mépris du droit international et avec pour objectif clair de soumettre la nation ukrainienne par la violence », a-t-il ajouté. 

Lors de sa visite sur place deux jours après la découverte, le président Zelensky, visiblement bouleversé, avait dénoncé « des crimes de guerre » qui seront « reconnus par le monde comme un génocide ». 

Des journalistes de l’AFP ont constaté jeudi des travaux de reconstruction dans cette cité qui comptait 
37 000 habitants avant la guerre.

Plusieurs dizaines d’ouvriers s’affairaient au milieu de pelleteuses, de tractopelles et de camions-benne, pour reconstruire les maisons et refaire la chaussée. 

Il faut « continuer à vivre » malgré le traumatisme, ont confié des habitants à l’AFP. 

« Il faut non seulement gagner, vaincre les occupants […] Il faut que les criminels soient condamnés, que le mal soit puni », a dit l’archiprêtre Andriï, qui gère la paroisse orthodoxe locale. 

Les forces russes ont été accusées de multiples exactions par les autorités ukrainiennes après la découverte de centaines de corps à Boutcha et dans d’autres villes, de tombes près d’Izioum (est) ou de « salles de torture » dans des villes reprises, selon Kyiv. 

La Cour pénale internationale a émis en mars un mandat d’arrêt contre Vladimir Poutine pour la 
« déportation » de milliers d’enfants ukrainiens vers la Russie. 

« Une guerre totale » [...] 
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Emmanuel Peuchot, Agence France-Presse 
La Presse, le 31 mars 2023 

vendredi 31 mars 2023

Jour 401- Charles III en Allemagne, «L’invasion russe est une «menace» pour l’Europe.»



(Berlin) Charles III a déploré jeudi le retour du « fléau » de la guerre en Europe en évoquant l’invasion russe de l’Ukraine lors d’un discours historique devant les députés allemands, soulignant cependant que les alliés peuvent « puiser courage dans leur unité ».

La guerre russe contre l’Ukraine a provoqué « tellement de douleur inimaginable à tant de gens  innocents», a déclaré le souverain britannique, premier monarque à s’exprimer dans l’enceinte du Bundestag. 

Elle constitue une « menace » pour la sécurité de l’Europe et « nos valeurs démocratiques », a-t-il ajouté dans cette intervention d’environ une demi-heure, tenue majoritairement en allemand et qui s’est terminée par une ovation 

Le roi a loué en particulier les livraisons d’armes lourdes à l’Ukraine par l’Allemagne, un pays profondément pacifiste depuis les horreurs du nazisme et qui a longtemps hésité à sauter ce pas. 

Ce discours a été l’un des points forts de la visite de trois jours de Charles III, accompagné de la reine consort Camilla pour son premier déplacement à l’étranger en tant que roi.   

Sa venue est placée sous le signe des liens d’amitié entre les deux pays et constitue un geste européen important après la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Fromage « royal » 
Dans le sillage de son discours au Bundestag, il s’est rendu à l’ancien aéroport de Tegel, dans l’ouest de la capitale, pour rencontrer des réfugiés ukrainiens qui y sont provisoirement hébergés. 

Un geste interprété par la télévision publique ARD comme « un signal à Londres ». L’Allemagne a accueilli plus d’un million de réfugiés ukrainiens, contre environ 160 000 pour le Royaume-Uni. 

Auparavant, il s’est entretenu avec le chancelier allemand Olaf Scholz.

Le couple royal a aussi pris le temps de s’accorder un bain de foule sur un marché berlinois avec ses nombreux stands de nourritures organiques. 

Ils ont serré de nouveau beaucoup de mains, distribuant des « wie geht’s ? » ou « how are you ? » à la ronde (comme ça va ?), échangeant avec bonne humeur quelques mots avec les commerçants ou le public, s’arrêtant pour acheter du miel ou du fromage. 

Le roi s’est également déplacé dans un « écovillage » à Brodowin, à quelque 60 km de Berlin.   

Vêtu d’une blouse blanche, il a participé à la fabrication de fromages qui porteront un sceau royal en son honneur, avant de goûter un gâteau en forme de couronne royale fourré de crème au beurre et de framboise. 

Le séjour porte largement sur le thème de l’écologie, dont Charles, 74 ans, s’est fait le chantre outre-Manche depuis des années.  

Nouveau chapitre [...] 
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Isabelle Lepage et Julien Gathelier 
Agence France-Presse 
La Presse, le 30 mars 2023

jeudi 30 mars 2023

Jour 400 - L’AIEA vise un compromis pour protéger la centrale de Zaporijjia


(Enerhodar) Un compromis a minima face à un risque militaire croissant : le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique s’est rendu mercredi à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia en quête d’une solution acceptable pour Kyiv et Moscou afin de sécuriser le site.   

L’idée d’une zone démilitarisée autour de ce site du sud-est de l’Ukraine occupé depuis mars par les Russes semble avoir vécu après des mois d’échanges infructueux.   

Rafael Grossi, qui a passé quelques heures sur place avant de retourner dans les territoires sous contrôle ukrainien, veut donc désormais travailler sur des « principes » à même de minimiser le risque de 
« catastrophe » nucléaire. 

« J’essaie de préparer et de proposer des mesures réalistes qui seront approuvées par toutes les parties », a-t-il dit aux journalistes pendant cette visite à laquelle l’AFP a pu participer dans le cadre d’un voyage de presse organisé par les autorités russes. 

« L’idée est de s’entendre sur certains principes, certains engagements, dont ne pas attaquer la centrale », a ensuite déclaré M. Grossi à l’AFP, priant une fois encore Moscou de ne pas y entreposer des équipements militaires. 

« L’activité militaire est à la hausse dans toute cette région » avec notamment une « augmentation significative du nombre des soldats », avait-il auparavant regretté. 

Pour cette deuxième visite, après celle de septembre 2022, M. Grossi est arrivé à bord d’un véhicule blindé de l’armée russe, encadré par des soldats en tenue de combat, selon un journaliste de l’AFP.   

Des employés de l’AIEA étaient également présents, dont trois inspecteurs chargés de relever des collègues en poste sur le site. 

Le chef de l’AIEA mène depuis des mois des consultations pour protéger la centrale et la zone avoisinante, régulièrement touchées par des frappes qui entraînent des coupures de courant à répétition, laissant craindre un accident nucléaire.

Avant même sa visite, l’éventualité d’une percée diplomatique avait été balayée par un conseiller de la direction de l’opérateur russe Rosenergoatom. 

« Nous sommes loin d’avoir l’illusion que la visite de Grossi puisse radicalement changer les choses », avait confié à l’agence de presse Tass Renat Kartchaa. 

« Jouer avec le feu » [...] 
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Agence France-Presse 
La Presse, le 29 mars 2023

mercredi 29 mars 2023

Jour 399 - Kyiv a déployé des roquettes américaines de longue portée, selon Moscou



(Kyiv) La Russie a affirmé mardi avoir abattu une roquette américaine de longue portée GLSDB, première confirmation de livraison de ces munitions à l’Ukraine qui les juge cruciales pour lancer sa prochaine contre-offensive 

L’Ukraine n’a de son côté donné aucune information quant au déploiement de ces engins.   

L’annonce russe intervient aussi au lendemain de la confirmation de la livraison de blindés britanniques, américains et allemands, véhicules clés, selon Kyiv, pour réaliser ses ambitions de reconquête militaire.  

« La défense antiaérienne […] a abattu 18 roquettes du système Himars et une roquette guidée GLSDB », a indiqué le ministère russe de la Défense dans son communiqué quotidien au sujet de ces bombes guidées d’une portée de jusqu’à 150 km, promises à Kyiv par les États-Unis début février. 

Les GLSDB (pour « Ground Launched Small Diameter Bomb » en anglais) sont des engins de petit diamètre et de haute précision fabriqués par l’Américain Boeing et le Suédois Saab.   

Ils peuvent voler jusqu’à 150 km et donc menacer des positions russes, en particulier les dépôts de munitions, loin derrière les lignes de front. 

« La précision des GLSDB est si élevée qu’elles peuvent frapper dans le rayon d’un pneu de voiture », affirme Saab sur son site. 

Réticences initiales 
L’Ukraine a martelé avoir besoin de telles munitions pour détruire les lignes de ravitaillement russes et ainsi surmonter son déficit en hommes et en munitions en vue de sa contre-offensive annoncée pour repousser les forces de Moscou qui occupent une large partie du sud et de l’est de l’Ukraine. 

La livraison en juin 2022 à l’armée ukrainienne de systèmes de lance-roquettes mobiles de haute précision Himars avec des munitions d’une portée de quelque 80 km avait permis à l’Ukraine de ravager les arrières de l’armée russe.

Cela avait permis les contre-offensives ayant conduit à la reconquête de larges territoires dans le sud et le nord-est du pays entre septembre et novembre. 

Pour répondre à la menace des Himars, les forces russes ont rallongé leurs lignes de ravitaillement, éloignant notamment leurs stocks de munitions du front.  

Les Occidentaux s’étaient montrés réticents à fournir des systèmes de plus longue portée, craignant qu’ils ne puissent servir à frapper le territoire russe et provoquer une escalade.   

Kyiv a, de son côté, promis à plusieurs reprises que ces armes ne serviraient que pour attaquer des cibles en territoire occupé.   

Face aux campagnes de frappes massives lancées ces derniers mois sur les villes et infrastructures ukrainiennes — Kyiv a encore annoncé mardi avoir été visée par 12 drones explosifs de fabrication iranienne, tous interceptés — les États-Unis ont finalement annoncé le 3 février qu’ils fourniraient des GLSDB à l’Ukraine. 

Mais le calendrier de livraison n’avait pas été annoncé, certaines sources estimant que plusieurs mois étaient nécessaires.

Outre ces roquettes, l’Ukraine a martelé tout au long de l’hiver avoir besoin de centaines de chars modernes et de blindés pour pouvoir infliger une défaite militaire à la Russie. Les Occidentaux en ont promis, mais leur nombre semble jusqu’ici en deçà des attentes ukrainiennes.  

Des chars britanniques de combat Challenger, des blindés américains Stryker et Cougar et des blindés allemands Marder ont ainsi été livrés à l’Ukraine, a annoncé lundi le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiï Reznikov. 

Ce dernier a indiqué mardi que les Challenger allaient « bientôt entamer leur mission de combat ». // Pour le Kremlin, les approvisionnements en armes occidentales sont la preuve qu’Européens et Américains mènent une guerre par procuration contre la Russie, justifiant ainsi son incapacité à vaincre militairement son voisin.

En réplique, la Russie a annoncé qu’elle allait déployer des armes nucléaires tactiques chez son seul allié en Europe, la Biélorussie, un voisin de l’Ukraine qui a prêté son territoire à l’invasion russe sans pour autant y prendre part activement. 

Minsk a confirmé mardi avoir donné son accord, tout en soulignant que l’armée biélorusse n’aurait pas le contrôle de ces armements dont ainsi le déploiement « ne contredit en aucune manière les articles I et II du traité de non-prolifération nucléaire », selon un communiqué du ministère biélorusse des Affaires étrangères. 

« User l’ennemi » [...] 
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Emmanuel Peuchot 
Agence France-Presse 
La Presse, le 28 mars 2023

mardi 28 mars 2023

Jour 398 - Zelensky et le chef de l’AIEA visitent la région de Zaporijjia


(Kyiv) Volodymyr Zelensky et Rafael Grossi se sont retrouvés en Ukraine lundi dans une station hydroélectrique de la région de Zaporijjia, alors que le second, chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), est attendu dans les prochains jours à la centrale nucléaire de Zaporijjia, occupée par Moscou. 

« Sans le retrait immédiat des troupes et du personnel russes de [la centrale] et des territoires adjacents, toute initiative visant à restaurer la sûreté et la sécurité nucléaire est vouée à l’échec », a averti le président Zelensky auprès de M. Grossi, selon des propos rapportés par la présidence ukrainienne. 

« Votre rôle pour assurer la sécurité énergétique de l’Ukraine est extrêmement important aujourd’hui », a rappelé Volodymyr Zelensky. 

Les deux dirigeants se sont rendus lundi sur le site d’une centrale hydroélectrique à Dniepr chargée d’alimenter la centrale nucléaire de Zaporijjia, occupée par l’armée russe et régulièrement victime de coupures de courant.

Le chef de l’AIEA est, lui, attendu dans les prochains jours à la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d’Europe, pour sa deuxième visite sur place depuis le début de l’invasion russe en février 2022. 

« Je poursuivrai mes efforts pour protéger la centrale nucléaire pendant le conflit en cours et dirigerai notre prochaine rotation régulière d’experts vers et depuis le site », avait indiqué dimanche M. Grossi. 

Lundi, MM. Zelensky et Grossi « ont été informés des mesures prises pour protéger la centrale hydroélectrique de Dniepr en cas de nouvelles attaques » russes, selon la présidence ukrainienne, qui a indiqué dans un communiqué que les infrastructures du site étaient « considérablement détruites ». 

« J’ai eu avec M. Zelensky un riche échange sur la protection » du site « et de ses employés », a écrit pour sa part M. Grossi dans un tweet, accompagné d’une photo des deux dirigeants. 

Zelensky sur le front Sud 
Plus tôt lundi, M. Zelensky s’était affiché dans la région de Zaporijjia, « en première ligne » sur le front Sud. 

« Merci de protéger notre État [et] nous tous. Merci pour la protection de nos maisons, de notre intégrité territoriale et de la vie en Ukraine », leur a-t-il dit, selon un communiqué de la présidence ukrainienne. 

Selon la présidence ukrainienne, M. Zelensky s’est rendu lundi au poste de commandement du groupe opérationnel des troupes pour la région de Zaporijjia, où une réunion s’est tenue avec des responsables militaires de la région. 

Le président ukrainien est par ailleurs allé sur le site d’une frappe russe sur un immeuble d’habitation dans la ville de Zaporijjia, qui avait fait un mort et une trentaine de blessés mercredi dernier. 

Il a aussi visité un hôpital militaire où il a échangé avec des blessés de guerre et le personnel médical, selon la présidence. 

La semaine dernière, Volodymyr Zelensky s’était déplacé dans la région de Kherson (Sud), partiellement occupée par la Russie, après être allé près de Bakhmout, l’épicentre des combats dans l’Est, et dans la région de Kharkiv (Nord-Est). 

Évacuation à Avdiïvka 
L’administration de la ville d’Avdiïvka a annoncé lundi l’évacuation des employés municipaux de cette localité située sur le front dans l’est de l’Ukraine et régulièrement bombardée par les forces russes. 

« Avdiïvka ressemble de plus en plus à un endroit tiré de films post-apocalyptiques […] Par conséquent, une décision difficile a été prise d’évacuer […] les travailleurs municipaux qui ont au moins essayé de maintenir la propreté et la vitalité de la ville », a annoncé Vitaliy Barabash, chef de l’administration militaire locale, sur les réseaux sociaux. 

Il « recommande vivement » de quitter la ville, « car les roquettes et les projectiles russes n’épargnent rien ni personne », a-t-il ajouté. 

Les troupes russes tentent depuis des mois de prendre Avdiïvka, située sur le front depuis 2014 et le début de la guerre entre forces ukrainiennes et séparatistes pilotés par le Kremlin.

Bien qu’à seulement 13 km de Donetsk, la capitale sous contrôle russe de la région éponyme, la cité comptait encore 30 000 habitants lorsque le Kremlin a lancé en février 2022 son invasion de l’Ukraine.

Pilonnée par l’artillerie et plus récemment par l’aviation, elle ne compte plus que quelque 2300 habitants, dont 1960 recensés qui reçoivent une aide humanitaire, avait indiqué récemment à l’AFP M. Barabash. 

Avdiïvka est actuellement l’un des deux théâtres de combats les plus difficiles du front, avec celui de la ville de Bakhmout, située 60 km plus au nord.   

En juin, les Russes ont coupé l’une des deux principales routes d’accès à la ville et se sont positionnés à l’est et au sud. Ces derniers mois, ils ont progressé et pris des villages au sud-ouest et au nord, comme pour prendre Avdiïvka en tenaille, à défaut de pouvoir la prendre frontalement. 

Deux morts et 29 blessés dans un bombardement à Sloviansk Un bombardement russe a fait au moins deux morts et 29 blessés dans la ville de Sloviansk, dans l’est de l’Ukraine, a annoncé lundi le gouverneur régional. 

« Il y a deux morts et 29 blessés à Sloviansk, des bâtiments administratifs et des bureaux ont subi des dégâts ainsi que cinq immeubles et sept maisons », a déclaré le gouverneur, Pavlo Kyrylenko, sur Facebook, précisant que les forces russes avaient « frappé le centre de la ville vers 10 h 30 (3 h 30 heure de l’Est) avec deux missiles S-300 ».

Le gouverneur a ajouté qu’une autre ville de la région de Donetsk, Droujkivka, avait été visée par une attaque. « Deux missiles S-300 ont frappé l’orphelinat de Droujkivka et l’ont presque complètement détruit », a-t-il dit, ajoutant que cette frappe n’avait pas fait de victimes selon de premières informations.

« Un autre jour qui a commencé avec le terrorisme de la Fédération de Russie. L’État agresseur a frappé notre ville de Sloviansk, » a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur les réseaux sociaux. 

« L’ennemi doit le savoir : l’Ukraine ne pardonnera pas les tortures infligées à notre peuple, ne pardonnera pas ces morts et ces blessures », a-t-il ajouté. 

Les forces russes ont fait de la conquête de la région de Donetsk leur principale priorité sur le plan militaire et ont annoncé l’an dernier l’avoir annexée, même si elles n’en contrôlent pas la totalité.

Les premiers chars britanniques Challenger sont arrivés [...] 
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Agence France-Presse 
La Presse, le 27 mars 2023

lundi 27 mars 2023

Jour 297 - Armes nucléaires russes en Biélorussie, nouveau bluff de Poutine ?


Vladimir Poutine brandit une nouvelle fois la menace de l’arme atomique. Le président russe a annoncé samedi vouloir stationner des missiles nucléaires « tactiques » dans un pays voisin, la Biélorussie. Quelques jours plus tôt, les Britanniques confirmaient la livraison de munitions « à uranium appauvri » en Ukraine. Que craindre de ce dangereux duel d’armes radioactives ? 

« En principe, on fait la même chose que ce qu’ils font. [Les États-Unis] déploient depuis longtemps leurs armes nucléaires tactiques sur le territoire de leurs alliés et y entraînent des gens pour les tirer. » Par ces mots prononcés à la télévision d’État, le président russe, Vladimir Poutine, a brandi une nouvelle fois la menace d’une guerre nucléaire. Son armée utilisera un pays voisin, la Biélorussie, pour y stationner une partie de ses armes de destruction massive. Elle commencera par « former les équipages » à partir du 3 avril et estime pouvoir « terminer la construction d’un entrepôt spécial pour les armes nucléaires tactiques sur le territoire de la Biélorussie » le 1er juillet. Dix avions auraient déjà été équipés pour être prêts à utiliser ce genre d’armement, selon ses dires. 

Derrière cette déclaration martiale du président russe, plusieurs voient un coup de bluff, à commencer par les Américains. « Les États-Unis n’ont vu aucune indication que la Russie ait encore transféré des armes nucléaires en Biélorussie, a rejeté dimanche le porte-parole du Conseil de sécurité nationale, John Kirby. Nous n’avons vu aucune indication que [Vladimir Poutine] ait tenu sa promesse ou déplacé des armes nucléaires. » 

« Nous n’avons constaté aucun changement dans le dispositif nucléaire de la Russie qui nous amènerait à adapter le nôtre », a renchéri dimanche la porte-parole de l’OTAN, Oana Lungescu. 

« Ce n’est pas nécessairement un bluff, c’est juste que ça ne change pas grand-chose », observe pour Le Devoir Émile Lambert-Deslandes, coordonnateur du Réseau d’analyse stratégique, un réseau partenaire du ministère de la Défense du Canada. Des missiles nucléaires russes sont déjà stationnés à 50 kilomètres de la frontière polonaise et de l’OTAN. Un site de lancement a été repéré dans l’enclave russe de Kaliningrad par des scientifiques américains il y a quelques années. 

« C’est dangereux, par contre », souligne M. Lambert-Deslandes. « Dans un sens, oui, plus ils menacent d’utiliser l’arme nucléaire pour après ne pas le faire, moins ils sont convaincants. Mais ils ont encore l’arme nucléaire et la capacité de l’utiliser. C’est un développement qui n’est pas rassurant, parce que ça démontre encore que la Russie est prête à l’utiliser, l’arme nucléaire, pour faire de la pression, et l’utiliser de manière agressive. »

Une arme politique 
L’Ukraine n’a pas tardé à réagir à cette menace en réclamant d’urgence une « réunion extraordinaire » des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. « L’Ukraine attend des actions efficaces, pour contrer le chantage nucléaire du Kremlin, de la part du Royaume-Uni, de la Chine, des États-Unis et de la France », a clamé le ministère ukrainien des Affaires étrangères dans un communiqué. 

Cet appel risque fort de rester lettre morte. La Russie doit prendre la présidence de cette haute instance à partir d’avril pour un mois. 

Le danger d’une escalade atomique demeure faible, surtout après la visite récente du président chinois à Moscou. Xi Jinping a refroidi toute ardeur russe d’une guerre nucléaire chaude, à en croire le chef de la politique étrangère de l’Union européenne, Josep Borrell. Le président Xi aurait dit « très, très clairement» à son homologue russe qu’il ne devait pas déployer de telles armes, a dévoilé la semaine dernière le haut diplomate aux journalistes. 

En outre, le « plan de paix » de Pékin pour l’Ukraine stipule que « la prolifération nucléaire doit être empêchée et la crise nucléaire évitée ». Le communiqué commun de la Russie et de la Chine après leur rencontre de la semaine dernière précise que « tous les États dotés d’armes nucléaires devraient […] retirer les armes nucléaires déployées à l’étranger ». 

« Le fait que la Russie décide d’aller de l’avant avec ce projet-là avec la Biélorussie… Ça devient gênant pour la Chine », note Émile Lambert-Deslandes. 

Un coup d’oeil au calendrier peut aussi expliquer cette menace de Poutine. Son intention de placer ses pions en Biélorussie a été communiquée le 25 mars, jour férié de « Journée de la liberté », censé commémorer la naissance, en 1918, de la République populaire de Biélorussie. 

Uranium appauvri [...] 
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Jean-Louis Bordeleau 
Le Devoir, le 27 mars 2023

dimanche 26 mars 2023

Jour 396 - Poutine va déployer des armes nucléaires «tactiques» en Biélorussie


(Moscou) Le président russe Vladimir Poutine a affirmé samedi que Moscou allait déployer des armes nucléaires « tactiques » sur le territoire de son allié, la Biélorussie, un pays situé aux portes de l’Union européenne. 

Des responsables russes ont émis à plusieurs reprises des menaces à peine voilées de se servir de l’arme nucléaire en Ukraine en cas d’escalade significative du conflit. Dirigé depuis 1994 par Alexandre Loukachenko, la Biélorussie est frontalier de l’Ukraine, de la Pologne et de la Lituanie. 

« Il n’y a rien d’inhabituel ici : les États-Unis font cela depuis des décennies. Ils déploient depuis longtemps leurs armes nucléaires tactiques sur le territoire de leurs alliés », a déclaré Vladimir Poutine lors d’une interview diffusée à la télévision russe.   

« Nous avons convenu de faire de même », a-t-il ajouté, disant avoir l’accord de Minsk. 

« Nous avons déjà aidé nos collègues biélorusses et équipé leurs avions […] sans violer nos engagements internationaux en matière de non-prolifération des armes nucléaires. Dix avions sont prêts à utiliser ce type d’arme », a poursuivi M. Poutine, selon lequel Moscou a aussi transféré des missiles Iskander. 

« À partir du 3 avril, nous commençons à former les équipages. Et le 1er juillet, nous terminerons la construction d’un entrepôt spécial pour les armes nucléaires tactiques sur le territoire de la Biélorussie », a-t-il ajouté. 

La Biélorussie ne prend pas part directement au conflit en Ukraine, mais Moscou s’est servi de son territoire pour conduire son offensive sur Kyiv l’année dernière ou pour mener des frappes, selon les autorités ukrainiennes. 

Obus à l’uranium 
Selon M. Poutine, cette décision a été motivée par la volonté de Londres d’envoyer des munitions à uranium appauvri à l’Ukraine, comme évoqué récemment par une responsable britannique. 

M. Poutine a menacé de recourir également à ce type d’obus, utilisé pour percer les blindages, si Kyiv venait à en recevoir. 

« La Russie, bien sûr, a de quoi répondre. Nous avons, sans exagérer, des centaines de milliers d’obus de ce type. Nous ne les utilisons pas pour le moment », a déclaré le président russe. 

Il a qualifié ce type d’obus d’arme parmi « les plus dangereuses » et qui « génère ce que l’on appelle des poussières de radiation ». 

La vice-ministre britannique de la Défense Annabel Goldie avait confirmé lundi que le Royaume-Uni fournirait à l’Ukraine des obus à uranium appauvri, efficaces contre les chars et les autres véhicules blindés. 

M. Poutine a également dit samedi considérer que les livraisons d’armes occidentales à l’Ukraine, vitales l’effort de guerre de Kyiv, étaient une « menace » pour la Russie.

Il s’est toutefois félicité des progrès de l’industrie de l’armement russe, qui sera selon lui capable de produire 1600 chars dans les trois prochaines années, ce qui permettrait à l’armée russe d’en avoir « plus de trois fois plus » que son adversaire. 

Menaces nucléaires [...] 
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Agence France-Presse 
La Presse, le 25 mars 2023